Hachette réfléchit au prêt d'ebooks dans les bibliothèques

Clément Solym - 24.08.2011

Edition - Bibliothèques - editeurs - hachette - modele


Entre Charbyde et Scylla, Hachette USA, filiale de Hachette France, est engagé dans des discussions fouillées avec les représentants des bibliothèques américaines pour essayer de trouver une manière de continuer à faire de l’argent avec eux. Harper Collins s’est déjà lancé dans la bataille, mais ne déclare pas pour autant être certain de son modèle économique.

 

Deux craintes rendent les décisions difficiles chez Hachette. Si la boîte refuse de permettre aux bibliothèques de prêter des ebooks, elle risque de perdre un marché. Si elle s’engage mal sur le secteur, elle risque de perdre le contrôle de ses livres, d’ouvrir la porte au piratage. Comme le rappelle Maja Thomas, vice-président d’Hachette Digital, « C’est un problème particulièrement délicat, et il y a beaucoup de passions des deux côtés (NdR : bibliothèques et éditeurs) ».

 


L’association des bibliothèques américaines a engagé un juriste et un économiste spécialisés en propriété intellectuelle pour essayer de clarifier les débats. L’avenir est difficile à prévoir et les équilibres difficiles à trouver, que l’on soit en faveur du consommateur et de la plus grande liberté possible de circulation des œuvres, ou en faveur de l’éditeur et du contrôle de cette circulation pour faire payer le consommateur. L’absence de modèle économique sûr pour les bibliothèques engendre de sérieuses tensions à l’intérieur même des éditeurs. 


Le PDG de Hachette USA avait déclaré en mai : « Je suis sûr qu'il devrait avoir une solution pour les bibliothèques, mais ce qu'il y a, c'est que nous n'avons toujours pas trouvé laquelle. Trouver le bon modèle économique est une vraiment très grosse question. J'aurais aimé avoir la réponse. » 

 


Chez HarperCollins, la mise à disposition d’ebooks de prêt pour les bibliothèques a été mise en place avec des conditions drastiques pour le consommateur. Un ebook ne peut changer de main plus de 26 fois pour chaque licence d’utilisation. Le chef des ventes d’Harper Collins préférait « poser des limites par une mesure de l’usage réel plutôt que par une période arbitraire ». (voir notre actualitté)


Si nous pouvons donner un conseil aux éditeurs : essayez de ne pas rendre l’utilisation d’œuvres issues du marché illégal plus simple que celle d'œuvres légalement acquises.