Hachette UK investit dans les jeux vidéo en achetant la société Neon Play

Antoine Oury - 17.06.2016

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Le studio de développement de jeux vidéo spécialisé dans les productions pour smartphones Neon Play, basé à Cirencester dans le Gloucestershire, a été racheté par Hachette UK pour une somme inconnue. Cet investissement est destiné à produire une « part substantielle » des revenus dans les années à venir, a signalé le groupe d'édition.

 

Hachette Livre - Frankfurt Buchmesse 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Les cofondateurs et copropriétaires de Neon Play, Oli Christie et Mark Allen, sont tout sourire : après une trentaine de jeux créés et 60 millions de téléchargements en 6 ans d'activités, leur société a convaincu un investisseur de choix, Hachette UK. La société gardera son siège actuel et produira indépendamment de Hachette UK, a expliqué le groupe, tandis que le montant du rachat n'a pas été dévoilé.

 

« Mark et moi avons de grandes ambitions pour l'avenir de Neon Play et je suis ravi d'avoir trouvé avec Hachette un investisseur aussi enthousiaste que nous. En fait, je pense que les grands esprits se rencontrent », a souligné Oli Christie. Tim Hely Hutchinson, directeur d'Hachette UK, s'est lui aussi réjoui du rapprochement, qui correspond « à la stratégie réfléchie par Hachette depuis longtemps pour investir dans le monde des jeux ».

 

Un investissement multimédia, une stratégie transmédia

 

Si Neon Play continuera à développer des jeux indépendants des productions d'Hachette, une partie de sa production sera consacrée à la déclinaison des ouvrages publiés par le groupe. Hutchinson explique ainsi au Bookseller que l'édition grand public et scolaire sera « à 50 % numérique » dans les 10 prochaines années. Selon lui, les jeux mobile font même « partie de l'avenir de l'industrie du livre ».

 

« C'est un premier pas, et probablement pas le dernier, mais c'est un premier pas pour rendre nos activités plus numériques », ajoute Hutchinson. Interrogé sur la pertinence des livres numériques homothétiques (équivalents à une conversion numérique simple du livre papier) après cet investissement, le directeur d'Hachette UK se lâche et confirme que la baisse des ventes d'ebooks s'explique par la hausse de leurs prix. « Les ventes sont en baisse, car il y a moins de réductions », analyse-t-il.

 

Il explique également que les livres numériques homothétiques « sont tellement proches des livres papier qu'on peut à peine les considérer comme des objets numériques. Ce que les gens cherchent vraiment avec le numérique, c'est l'interactivité », souligne Hutchinson.

 

Hutchinson a admis que les essais d'Hachette en matière d'applications, jusqu'alors, avaient « quelque chose d'amateur ». Autrement dit, le rachat s'imposait pour bénéficier de l'expertise et du savoir-faire de personnes compétentes. Des stratégies transmédias comme celle qu'Hachette met en place ont pu être observées chez d'autres éditeurs, principalement Marvel et DC Comics, mais aussi Ankama, pour citer un éditeur français.

 

Un certain nombre de livres publiés par Hachette seront donc déclinés en jeu vidéo, ou en applications interactives. Hutchinson estime que les heureux élus « ne dépasseront pas le nombre de livres [publiés chez Hachette] adaptés pour le cinéma ou la télévision », soit une dizaine par an. Les livres pour enfants et les ouvrages de science-fiction devraient être les premiers à bénéficier de ces déclinaisons vidéoludiques. En raison de l'investissement nécessaire, la création de contenus transmédia devrait être réservée aux best-sellers potentiels.