Hachette UK : transition numérique plus douce que pour la musique

Clément Solym - 01.07.2013

Edition - Economie - Hachette UK - Tim Hely Hutchinson - ventes numériques


Tim Hely Hutchinson, le directeur général de Hachette UK vient de passer sur la chaîne de Bloomberg, dans le cadre de l'émission Asia Edge. Il en a profité pour faire un point sur la transition « en douceur », qui s'opère dans l'industrie, avec l'arrivée du format numérique. Plus douce en tout cas que pour la musique, qui a connu de grosses crises. 

 

 


 

 

Ainsi, explique-t-il, si en 2009, les ventes étaient évaluées à 1 million £, pour l'année 2012, le chiffre d'affaires numérique s'élève à 50 millions £. Un résultat qui n'aurait pas eu lieu, « si nous n'avions pas emboîté le pas à ce marché », et surtout, alors que le marché se développe rapidement, la société aurait raté le coche. 

 

C'est un chiffre intéressant qui est présenté, alors que le dernier en date se montait à 30 millions £ pour l'année 2011. 

 

« Ce que les lecteurs apprécient de faire, c'est s'installer confortablement dans leur canapé et de savourer leur livre », souligne Hutchinson. Et pas besoin de plus de fioritures que cela. Si les livres de cuisine et le segment jeunesse peuvent avoir une vie numérique, prochainement, c'est avant tout du fait du développement des tablettes. Le taux d'adoption peut inciter les éditeurs à produire des ouvrages qui ne sont plus simplement homothétiques, doit-on comprendre.

 

En outre, du côté imprimé, les évolutions de l'industrie permettent aujourd'hui de mieux gérer les stocks. « Nous avons l'habitude d'imprimer à 10.000 exemplaires, mais nous pouvons avoir une impression économique à 1500 exemplaires, permettant de garder des stocks bas, et d'attendre que les ventes augmentent. » Une maîtrise de ces coûts incite en effet à moins inonder les librairies, et mieux contrôler la production.

 

Enfin, Hutchinson ne croit pas que l'autoédition représente une menace. Face à 100.000 auteurs autoédités qui ne vendent pas de livres, il faut se souvenir que pour être correctement médiatisé, profiter d'un réseau de diffusion puissant, que ce soit en papier ou en numérique, passer par une maison d'édition reste essentiel. 

 

« Nous savons que nous devons apporter de la valeur », nuance-t-il cependant, constatant que le marché augmente.

 

(via The Bookseller)