Hachette veut s'offrir Stephen King – et la maison d'édition qui va avec

Nicolas Gary - 31.07.2020

Edition - Economie - Hachette Stephen King - Simon Schuster Hachette - achat maison édition


Dans la perspective d’un investissement par Vincent Bolloré dans la structure Lagardère, l’une des grandes inconnues était le développement à l’international. Hachette Livre dispose de plusieurs filiales — Espagne, Angleterre, États-Unis —, mais il se murmurait que Simon & Schuster, en vente, pourrait attirer les convoitises. 

Simon & Schuster - Frankfurt Buchmesse 2014
 

Depuis mars 2020, l’un des Big Five de l’industrie du livre américaine est à vendre, officiellement : le PDG de ViacomCBS, Bob Bakish, l’avait assuré à ses investisseurs. Le pôle éditorial de la maison, qui avait subi la fusion entre Viacom et CBS, allait être sacrifié, à plus ou moins court terme.

L’agence Reuters vient d’officialiser les rumeurs qui s’étaient tues durant le confinement, et même officialiser les intentions de Hachette de faire une offre pour l’éditeur de Stephen King. Le groupe français a annoncé qu’il ferait une proposition de rachat à ViacomCBS. Arnaud Nourry, à la tête depuis 17 ans, assure : « Bien entendu, nous sommes intéressés par l’acquisition de Simon & Schuster. » 

Et ce malgré une perte de 7 %, avec 971 millions € pour le premier semestre. Pour autant, il semble conscient qu’il s’engage là dans un processus d’appel d’offres concurrentiel — en somme, il faudra certainement jouer des coudes avec d’autres gros joueurs. Si Hachette est le premier groupe éditorial en France, il n’en reste pas moins important à l'international — classé 6e dans la liste des 50 plus grands groupes mondiaux.
 
L’arrivée de Vincent Bolloré et de Bernard Arnault dans le groupe Lagardère — le premier en prenant directement au capital, le second par un investissement dans la holding personnelle d’Arnaud Lagardère — aura sans doute encouragé le processus. 

L’histoire se réécrit : voilà vingt ans, Lagardère rachetait une partie du secteur éditorial de Vivendi — tout en étant bloqué à un certain seuil, ce qui avait entraîné la création d’Editis pour conséquence. Désormais, le n° 2 peut grandir, avec une marge de progression importante — avec justement une perspective de développement dans le monde anglo-saxon. 

Cela tombe bien, Hachette dispose de deux filiales, UK et US, et pourrait même embellir la mariée avec Simon & Schuster…

photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
Les éditeurs disent toujours qu'ils ne peuvent pas négocier, que le contrat est à prendre ou à laisser, qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses (sous-entendu : casse-toi, sinon je prendrai le suivant sur la liste des crève-la-faim).

Faut croire que lorsqu'il y a besoin de sortir un milliard d'euro (0,5% du budget de la France... de quoi filer un SMIC à 100 000 personnes pendant un an), c'est... possible.
Et oui, Impossible, le monde de l'édition est vraiment peuplé de crevures. Mais je crois que c'est tout le milieu artistique en général, surtout en France, qui devient n'importe quoi. On publie de la merde à foison parce que la masse abrutie par l'oligarchie consomme ce qu'on lui propose sans rechigner. Et pendant ce temps, nombre de réels artistes talentueux n'ont aucune visibilité.
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