Hadopi : Albanel et TF1 dans la tourmente pour l'affaire du mail

Clément Solym - 13.05.2009

Edition - Justice - hadopi - albanel - tf1


Après l'adoption par l'Assemblée du projet de loi Hadopi, Christine Albanel a dû s'expliquer devant les députés en ce qui concerne le licenciement par TF1 d'un de ses employés ouvertement opposé à cette loi.

En effet, Jérome Bourreau-Guggenheim, responsable de la stratégie de TF1 Internet avait été licencié par TF1 à cause d'un mail anti-Hadopi qu'il avait envoyé à Françoise de Panafieu celle-ci l'avait transféré au ministère de la Culture en omettant de masquer le nom de l'expéditeur. Et de là, le mail avait été retourné à la chaîne. Peu de temps après, TF1 licenciait Jérome Bourreau-Guggenheim pour « divergence forte avec la stratégie » du groupe.

Albanel s'explique devant l'Assemblée

Pour sa défense la ministre a affirmé devant l'Assemblée nationale : « J'ai déclaré publiquement que je regrettais cet envoi [celui du ministère vers TF1, hein] qui, d'ailleurs, a été fait sans aucune demande de sanction mais pour information. J'ai pris des sanctions [une suspension] à l'encontre du collaborateur en question ».

Elle a ajouté : « J'ai le plus grand respect pour l'autonomie des chaînes, pour leur liberté de décision et de gestion. Et le plus grand respect pour la liberté des journalistes. J'ai pris mes responsabilités dans cette affaire et je crois que nul ne peut m'accuser du contraire sans mentir ».

À peine avait-elle fini sa déclaration que l'opposition s'est mise à marteler deux slogans. Le premier destiné à la ministre était « démission, démission ». Le second adressé à Françoise de Panafieu était « balance ! ».

TF1 devra répondre de ses actes devant les Prud'Hommes

Jérome Bourreau-Guggenheim, lui, ne compte pas en rester là avec TF1, il a d'ores et déjà saisi les Prud'Hommes. L'AFP reporte que l'ancien employé de TF1 conteste son licenciement à cause d'une différence entre les motifs officiels invoqués par la chaîne et le contenu de sa lettre de licenciement.

En effet, TF1 avait déclaré que « les prises de position particulièrement radicales exprimées publiquement » par l'employé avaient « conduit l'entreprise à se séparer de ce responsable » car elles étaient « contraires aux déclarations officielles du groupe, notoirement en faveur de cette loi ».

L'avocat de Jérome Bourreau-Guggenheim, Me Emmanuel Noirot a affirmé : « ces reproches sont infondés et ne figurent pas dans la motivation de la lettre de licenciement », de plus sont client n'aurait « jamais eu connaissance d'une quelconque prise de position officielle de TF1 au soutien du projet de loi Hadopi ».