Harcèlement : du rififi au sein d'Archie Comics

Julien Helmlinger - 04.10.2013

Edition - Justice - Archie Comics - Justice - Harcèlement


La maison emblématique Archie Comics, versant dans le roman graphique pour ados et qui nous a habitués à ses larges sourires sur les photos promotionnelles, est en proie à la bagarre interne. Six de ses employés viennent de saisir la Cour suprême du comté de Westchester dans le cadre d'un « dernier effort » pour éjecter la co-PDG Nancy Silberkleit de la société basée à Mamaroneck. Ses collègues, au rang desquels le dinosaure de la boîte Victor Gorelick, lui reprochent un comportement tyrannique.

 

 

 Photo de campagne pour la mairie de Rye

Nancy Silberkleit, candidate

 

 

La plainte déposée cette semaine en justice, à 32.5 millions de dollars, reproche au comportement belliqueux de la dame d'être potentiellement plus dévastateur pour la firme que ne l'auront été la Seconde Guerre mondiale, celles de Corée, du Vietnam d'Irak et Afghanistan réunies.

 

Les plaignants accusent : « D'une manière destructrice, trompeuse et délibérée, [ Silberkleit ] cherche son autopromotion comme la « dictatrice » d'Archie Comics ou à défaut de cela, la disparition de cette publication emblématique de la culture américaine. »

 

Une situation ironique. Tandis que l'accusée dirige elle-même une association visant à lutter contre les pratiques intimidantes, Rise Above Social Issue, voilà que les employés dénoncent sa propension au harcèlement. Selon eux, Silberkleit en serait notamment arrivée à accuser un gamin atteint du cancer d'avoir volé une mascotte à la Ronald McDonald Foundation, alors que ses collègues en avaient fait don à l'enfant.

 

Mais la plainte ne s'arrête pas à une seule anecdote, on reproche à Silberkleit d'avoir engagé un espion pour enquêter sur les travers des salariés et de leurs familles, avant que la taupe en question, l'ancien assistant Jim Paget ne se range finalement du côté des plaignants, arguant que l'accusée « ne méritait pas de loyauté ».

 

Tandis que Paget dénonce la pire expérience professionnelle de sa carrière, la plainte précise que Silberkleit utiliserait sa position de « femme » pour se poser en victime et dénigrer ses détracteurs au sein de l'entreprise avec des expressions dans le registre « Vous tous les pénis, vous pensez que vous pouvez me mettre dehors ».

 

À l'origine du conflit, première plainte avait été soumise en 2011 par le co-PDG Jon Goldwater à l'encontre de sa partenaire. Un premier différent réglé par l'embauche d'un intermédiaire entre les deux PDG, mais qui n'a visiblement pas suffit. L'accusée a elle aussi déposé plainte pour harcèlement sexuel contre ses collègues, et se trouverait empêtrée dans un autre litige impliquant les volontés de son ex-époux Michael, fils du co-fondateur d'Archie Comics Louis Silberkleit.

 

Malgré ces affaires en cours, la dame a su trouver le temps pour mener sa campagne électorale en vue de l'élection du prochain maire de sa ville natale, Rye.