Hari Kunzru s'attaque à la liberté d'expression turque

Clément Solym - 26.11.2010

Edition - Société - Naipaul - Turquie - Nobel


 L'écrivain britannique a remis en cause la liberté d'expression en Turquie à l'occasion du European Writers ' Parliament. Il s'élève contre l'exclusion de V.S Naipaul de celui-ci.

Lors de son discours d'ouverture du festival littéraire qui a lieu en Turquie, l'écrivain s'en est même pris à la loi turque, et le fameux article 301. Par cet article, il est en effet illégal d'insulter la Turquie, l'ethnicité turque ou encore les institutions gouvernementales.

Jusque ici, rien d'extraordinaire. Seulement, l'auteur souligne l'utilisation abusive faite de cette loi. Aux dépens, par exemple, du prix Nobel de littérature 2001, V.S Naipaul. Celui-ci, qui devait faire le discours d'ouverture, s'est retiré de l'événement d'un commun accord avec les organisateurs, après une discorde au sujet de critiques de l'Islam qu'il avait émises.


« Je pense que nous serions plus forts et plus crédibles si nous nous confrontions à des points de vue différents durant ce meeting, plutôt qu'exclure quelqu'un d'avance à cause de la peur qu'il puisse insulter » a ainsi déclaré Hari Kunzru.

L'écrivain et journaliste britannique a par la suite élevé une diatribe contre l'état de la liberté d'expression en Turquie, rappelant les procès intentés à un autre Prix Nobel, Orhan Pamuk. Selon lui, il en revient au European Writers' Parliament de demander l'abrogation de l'article 301, et d'émettre « une déclaration selon laquelle aucun écrivain Européen ne devrait opérer sous la menace de lois semblables ».

L'auteur reconnaît pouvoir, en ces termes, offenser le pays hôte. Il insiste cependant : « Nos aimables hôtes turques nous ont invités ici pour entendre nos avis, donc je crois que nous ne devons pas être timides, et reconnaître la situation ici, là où nous parlons ».

L'homme n'en est pas à son coup d'essai. En 2003, il avait refusé l'attribution du John Llewellyn Prize et des 5.000 livres sterling jointes, car ledit prix est sponsorisé par le Daily Mail, journal hostile envers les noirs et Asiatiques, selon l'écrivain. L'argent avait été reversé au Conseil pour les Réfugiés, selon sa demande.