Harlequin en autoédition : les auteurs trompés, estiment les associations

Clément Solym - 23.11.2009

Edition - Société - Harlequin - autoédition - tromper


En signant un partenariat avec Authors Solution, les éditions Harlequin ont également ouvert une nouvelle brèche dans l'industrie, en partant à la recherche de nouveaux auteurs, qui passeront par la plateforme ainsi créée pour être vendus en format numérique. En outre, cette initiative dopera les ventes de l'éditeur, qui n'en attendait pas moins, le tout par le biais d'Harlequins Horizons, la nouvelle filiale dédiée.


Une idée intolérable pour la Romance Writers of America et d'autres associations d'auteurs outre-Atlantique. Recruter des auteurs qui envoient leur manuscrit par la poste, voilà qui rentre dans le cadre "mythique" de la publication. Mais piocher dans un vivier d'auteurs qui s'autoéditent, c'en est trop. Margery Flax, de la Mystery Writers explique qu'un véritable conflit d'intérêts approche.

Elle est ainsi profondément préoccupée par la manière « trompeuse » dont les jeunes auteurs seront dès lors publiés. Et par là même, la relation à l'éditeur pourrait en être profondément bouleversée, alors qu'il existe déjà un service numérique dédié chez Harlequin, nommé très simplement eHarlequin. Dès lors, la maison pourrait être supprimée des listes de prix et notamment l'Edgar Awards, à moins que l'on ne rediscute de cette situation, avant le 15 décembre - date de diffusion de la liste des sélectionnés.

Dans le même temps, Russell Davis, président de la Science Fiction and Fantasy Writers of America, Inc. explique qu'il est absolument opposé à cette idée. Selon lui, on ment aux auteurs, et il serait bon de leur préciser qu'ils ne seront pas vendus en librairie. Ainsi, peu de chances pour eux de percer dans le marché de la fiction. Son association veut qu'Harlequin reconnaisse publiquement que cette filiale n'est pas une réelle opportunité pour les jeunes auteurs, attendu qu'aucun travail éditorial n'est réalisé sur les ouvrages.

Alors qu'en réaction, la maison a décidé de changer le nom de sa filiale, les associations souhaitent que l'éditeur aille plus loin encore : qu'on supprime cette idée grotesque, qui privera dans tous les cas les auteurs présents de leur adhésion à la SFWA. Une attitude pour le moins farouche et expéditive... à suivre...