Harlequin : les actionnaires Torstar valident la vente à HarperCollins

Clément Solym - 10.07.2014

Edition - Economie - Harlequin romance - Rupert Murdoch - News Corp livres


La société canadienne Torstar avait trouvé un accord avec le grand magnat des médias, Rupert Murdoch, désireux de racheter la filiale éditoriale Harlequin. News Corp, le groupe de Murdoch, allait offrir à son propre éditeur, HarperCollins, la plus importante enseigne de littérature romance, érotique, bons sentiments, adultères, etc., pour 300 millions €. Harlequin n'absorbera cependant pas la maison d'édition : il aurait été regrettable de perdre une telle marque. 

 

 

Harlequin Art Exhibit, NYC, 5/29/09 - 56 of 145

rtbookreviews, CC BY NC ND 2.0

 

 

Torstar est le propriétaire du Toronto Star, le plus important quotidien canadien actuellement en circulation. Mais voilà : la presse va mal. Pour assurer le remboursement de ses dettes, le groupe se retrouvait dans l'obligation de céder la filiale édition, en l'occurrence, les romans à l'eau de rose. Et qui compte tout de même plus de1300 auteurs et 110 romans publiés chaque mois. Or, depuis 39 ans maintenant, Harlequin était la propriété de Torstar. 

 

Fondé en 1949, Harlequin avait commencé à rejoindre Torstar en 1975, avec une prise de participation majoritaire, et en 1981, l'ensemble du capital était racheté. Selon Robert Thomson, directeur général de News Corp, « Harlequin représente le complément parfait pour News Corp, dans l'expansion considérable de sa plateforme numérique, et dans la volonté d'étendre notre influence et notre portée à travers les frontières et les langues. » L'information diffusée en mai dernier attendait cependant de recevoir les validations de l'autorité de la concurrence. 

 

Eh bien ce 8 juillet, Torstar a annoncé qu'elle avait reçu l'approbation des actionnaires pour la cession de Harlequin Enterprises Limited à HarperCollins. « La transaction reste soumise à certaines approbations usuelles, et conditions de clôture, y compris certaines d'ordre réglementaire. Les parties continuent de travailler à satisfaire ces conditions et à obtenir les autorisations nécessaires. »

 

Autrement dit, la vente n'est pas encore validée par les autorités canadiennes et américaines, comme cela doit être fait. De plus, cette transaction devra encore répondre aux exigences de mise en conformité par rapport à l'Investment Canada Act. Cette législation valide, ou pas, les transactions et cessions sur le territoire. 

 

Pour Harlequin lui-même, la fusion représentera de nouvelles opportunités : plusieurs de ses initiatives éditoriales, lancées en 2013, n'ont jamais vraiment abouti, et se sont retrouvées avec quelques livres seulement publiés l'an passé. HarperCollins apportera une nouvelle diffusion, certainement plus internationale. En 2013, justement, l'ensemble de la maison avait connu une vague de restructuration, pour faire face à la diminution du chiffre d'affaires enregistré au cours des deux années précédentes.