Harper Lee, flouée par une fausse amitié, dénonce une journaliste

Antoine Oury - 15.07.2014

Edition - International - Harper Lee - Marja Mills - The Mockingbird Next Door


À égalité avec JD Salinger, ou presque, Harper Lee est l'une des plumes les plus secrètes d'Amérique. Bon, l'auteur de L'attrape-coeurs a pris une longueur d'avance pour la tranquillité absolue, mais Lee ne semble pas prête à baisser les bras. Face à la campagne de promotion Penguin autour d'un ouvrage qui raconterait 18 mois d'amitié entre l'écrivaine et une journaliste, Harper Lee a dénoncé une supercherie.

 


Beware of the dog and it's owner

Attention au chien, et à son maître (Jon Shave, CC BY 2.0)

 

 

Harper Lee est le secret le mieux gardé des États-Unis, mais Penguin Press pensait avoir ferré le poisson rare avec Marja Mills, journaliste pour le Chicago Tribune. En 2004, elle part s'installer à Monroeville, Alabama, particulièrement connue pour un de ses habitants... Selon l'éditeur, Mills restera 18 mois sur place, le temps de forger une solide amitié avec l'auteure.

 

« Nelle [le premier prénom de Harper Lee, NdlR] a partagé son amour de l'histoire, de la littérature et son mode de vie typique du Sud avec Mills, mais aussi ses idées précises sur la façon dont le journalisme doit être pratiqué », assure l'éditeur de The Mockingbird Next Door, publié la semaine dernière. Autant dire que c'est réussi : l'auteure avait déjà renié le livre et son amitié avec Mills à l'annonce de l'ouvrage, et n'a pas hésité à récidiver.

 

« Mme Mills est devenue amie avec ma soeur aînée, Alice. Il n'a pas fallu longtemps pour découvrir le véritable objectif de Marja : un autre livre sur Harper Lee. J'étais blessée, en colère et triste, mais pas étonnée. J'ai immédiatement cessé tout contact avec Mme Mills, et quitté la ville dès qu'elle y faisait la moindre apparition », écrit l'auteure dans une lettre publiée par Entertainment Weekly.

 

D'après les mots de Lee, Mills est parvenue à soutirer un accord écrit de la soeur aînée de l'auteure, attestant que cette dernière avait participé à la rédaction du livre. La missive ne laisse d'ailleurs planer aucun doute quant aux intentions futures de Harper Lee : « Soyez assuré que, de mon vivant, tout livre qui se présentera comme une collaboration avec moi-même, ou avec mon soutien, est un faux. »