Harper Lee : le secret de son mystérieux polar, toujours introuvable

Nicolas Gary - 14.05.2019

Edition - International - Harper Lee - livre secret mystère


Personne ne sait où il se trouve, et le mystère reste entier. En 1960, Harper Lee publiait un livre racontant l’Alabama profond, et changeait la face de la littérature américaine. To Kill a Mockingbird devenait un succès international, mais restait son unique roman. Presque : un second livre apparaît en 2015, presque miraculeusement… Et ce n’est pas tout.
 
Harper Lee aux côtés de George W. Bush (Eric Draper - Domaine public)
 

Go Set a Watchman avait été découvert par l’avocat de Harper Lee, en 2015, quelques mois avant que l’autrice ne décède. Durant des dizaines d’années, ce livre était passé à travers tous les filets, mais fort heureusement, il put voir le jour — et décevoir assez largement les lecteurs. Sauf qu’un autre mystère place autour de l’héritage littéraire de Lee : le roman policier sur lequel elle travailla durant des années.

Casey Cep, journaliste, s’est lancée dans une enquête autour de The Reverend, qui serait un authentique polar ayant accaparé l’attention de la romancière. Dans son essai, Furious Hours, Cep tente de remonter l’histoire de ce récit, qui tourne autour d’un prédicateur de l’Alabama, accusé de multiples meurtres. 

Willie Maxwell aurait tué cinq membres de sa famille, dans le cadre d’une arnaque à l’assurance, survenue en 1970. Il fut d’ailleurs assassiné par un de ses proches, lors d’une cérémonie funèbre : l’avocat Tom Radney qui l’avait défendu. Et Harper Lee fut littéralement fascinée par cet homme, au point de passer des heures à reconstituer son histoire, transformée en roman.

The Reverend serait donc l’un des derniers secrets la concernant : on ignore combien de pages sont écrites, pourquoi elle se serait arrêtée dans sa rédaction, et d’ailleurs, peut-être que le livre est achevé. Mais où se trouve-t-il ?

En apprenant son existence presque par hasard, Casey Cep se passionne à son tour : spoiler, elle n’a pas retrouvé le manuscrit perdu, mais dans un livre, elle fournit assez de matière pour raconter une histoire saisissante. Ce lien entre Harper Lee, cet ouvrage et l’homme qui l’a inspiré. 

On sait que la romancière était d’une discrétion jalouse et que sa vie privée était farouchement protégée de toute intrusion. Mais ses voisins de l’Upper East Side peuvent en attester : la machine à écrire n’a pas cessé de résonner alors qu’elle travaillait sur ce projet. Et la quantité de notes et ressources qu’elle avait réunies est sidérante assure la journaliste.

Harper Lee avait elle-même toujours affirmé qu’elle était « intriguée par le crime » : dans sa maison d’enfance, elle a grandi avec des piles de Ture Detective Mysteries, et découvert Sherlock Holmes très jeune. Depuis son balcon, elle avait une vue plongeante sur le palais de justice local. Elle étudia même le droit pénal à l’université de l’Alabama. 

Si le succès de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, peut-être qu’alors ce polar aurait plus facilement vu le jour, estime la journaliste. À vrai dire, remporter un Pulitzer et voir son livre devenir l’une des meilleures ventes de tous les temps, voilà qui fait gentiment perdre ses moyens. 

Et Lee était connue pour son exigence — de même qu’elle était encline à l’alcool, d’autres facteurs qui ont pu survenir pour expliquer comment ce roman est resté dans l’ombre. Reste à savoir… s’il peut être retrouvé.


via Crime reads


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