HarperCollins annonce 5 000 livres en impression à la demande

Clément Solym - 23.09.2011

Edition - Société - demande - impression - catalogue


Nom de code « Comprehensive Backlist » pour l'opération innovatrice d'HarperCollins. Soit en français « catalogue complet ». HarperCollins a mis en place un partenariat avec le fabricant de l'Espresso Book Machine pour permettre à n'importe quelle librairie d'imprimer à la demande son catalogue. Les libraires disposant déjà d'une telle machine peuvent imprimer chez eux les livres qu'ils souhaitent.

 

L'un des premiers éditeurs anglais a conclu un accord avec On Demand Books, le fabricant de l'Espresso Book Machine, pour permettre à quiconque possède cette imprimante à livre professionnel mais compacte d'imprimer et de vendre n'importe lequel des 5000 livres en quelques minutes.

Des titres des filiales Zondervan et HarperCollins Canada seront disponibles dès le début de l'année prochaîne. La politique tarifaire suivra le dit « modèle d'agence ». Cette initiative peut paraître surprenante. Ne semble-t-il plutôt pas que la librairie est inéluctablement condamnée à disparaître ?

 
Quels avantages pour les libraires ?

Pour HarperCollins les librairies ne disparaîtront pas entièrement mais certaines disparaîtront, d'autres changeront de forme, et d'autres continueront à fonctionner.
 


Car, selon son PDG Brian Murray, « même avec la montée en puissance des ventes de numérique, la librairie continue à être un endroit d'achat important pour les clients. Cette initiative vise à étendre la diffusion des titres d'HarperCollins dans les librairies.


Les auteurs y gagnent, car ils diffusent plus d'exemplaires, ce qui augmente leurs royalties. En fonction des magasins, entre 25 et 80 % de notre catalogue ne peut être stocké sur place. La technologie DPR permet au livre d'être présent quelque soit la taille du magasin. » DPR signifie Digital-to-Print at Retail, soit Numérique-à-Imprimer au Point de Vente, ce qui donnerait NIPV.

 

Le PDG de On Demand Books, Dane Neller, est lui aussi ravi : « Le NIPV est un nouveau moyen de distribution très efficace pour les éditeurs. Cela élimine les inventaires d'invendus et fournit une nouvelle plate-forme de vente qui inclut les librairies en dur. »

 
Un investissement qui reste conséquent

Pour un libraire britannique, Chris Morrow, propriétaire du Nortshire Bookstore : « Des milliers de titres sont ainsi directement accessibles à mes clients, et nous récupérerons beaucoup, beaucoup de ventes perdues. J'espère que d'autres éditeurs verront là une opportunité et prendront le train en marche. »


 

L'investissement coûte quand même quelques petites dizaines de milliers d'euros pour l'instant, et selon les sources des données, quand les œuvres sont du domaine publique mais mal numérisées par exemple, les rendus ne sont pas garantis (notre actualitté).

 

Il n'est pas certain que les clients trouvent qu'il soit plus facile d'aller à la librairie que d'acheter de chez soi un livre numérique. En revanche dans les cas où il est pratique, pour offrir par exemple, d'avoir un exemplaire papier, il est certain que savoir que le livre sera disponible dans les cinq minutes à la librairie plutôt que d'attendre quelques jours qu'il arrive par la poste peut être un avantage.

(Via HarperCollins)