Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

HarperCollins valorise les ventes directes des auteurs

Julien Helmlinger - 03.10.2014

Edition - Les maisons - HarperCollins - Redevances - Auteurs


En cette année marquée par le conflit entre Amazon et Hachette, pour des questions de tarifications des ebooks, la maison HarperCollins y va de ses expérimentations en la matière de canaux de vente numérique. Parallèlement à la refonte de sa librairie en ligne, la maison d'édition offre à ses auteurs un taux de redevance rehaussé de 10 % s'ils utilisent un lien d'affiliation sur leur site web pour commercialiser leurs livres, ebooks, ou audiobooks en vente directe. D'après TeleRead, cela devrait faire passer la redevance de 25 à 35 % du tarif de vente.

 

 

 

 

 

Tandis que la maison Hachette se trouve toujours aux prises avec Amazon, les expérimentations touchant aux canaux de vente se poursuivent chez l'éditeur HarperCollins, avec cette nouvelle option proposée aux auteurs britanniques et australiens avant la fin de l'année. L'opération avait été initiée par la signature de contrats de distribution avec des sites de lecture illimitée, comme Scribd ou Oyster, mais aussi avec le prêt de titres de numériques dans les bibliothèques américaines.

 

Par ailleurs depuis juillet, le site de la maison, dispose d'un système de vente directe. Il permet au lecteur d'acheter directement des titres, service assuré par Digital Reader, avec des fichiers protégés par DRM. D'abord lancé aux États-Unis, avant le Royaume-Uni, il suivra en Australie et Canada. Quand des solutions techniques offrent aux auteurs de vendre leurs titres depuis leurs propres sites, en bénéficiant de ce nouveau taux de redevance augmenté.

 

Selon le président Brian Murray, la maison espère toujours que ses auteurs vendront en premier lieu leurs ouvrages par le biais de ses revendeurs partenaires. Mais tandis que le commerce en ligne est un environnement en mutation perpétuelle, l'éditeur entend permettre d'autres solutions pour atteindre les lecteurs. Aussi, rien ne devrait empêcher les auteurs de vendre via des alternatives comme Indie Bound ou Barnes & Noble, mais s'ils utilisent la solution HarperCollins, ils auront droit à leur bonus.

 

Cette redevance supplémentaire de 10 % est logiquement permise, comme l'explique Murray, par l'absence d'intermédiaire à rémunérer et l'absence de réduction tarifaire à l'initiative d'un éventuel revendeur. Et pour lui, il s'agit d'un « bon incitatif pour que les auteurs testent le programme ». La société contacte ses auteurs pour leur expliquer qu'il leur suffit d'ajouter à leurs propres sites web un bouton d'achat renvoyant vers www.hc.com, où l'acquisition pourra être finalisée par le client.

 

Jusqu'ici, le programme semble bien accueilli par les auteurs. Mais, en supposant que la part réservée généralement aux intermédiaires serait supérieure à 10 % du prix de vente d'un livre, certains observateurs se demandent si HarperCollins ne serait pas en mesure de leur offrir une meilleure prime incitative, voire de réduire les tarifs de vente pour se rapprocher des prix proposés chez Amazon.