Harry Potter a rendu la génération Y plus tolérante, moins violente

Nicolas Gary - 24.06.2013

Edition - International - Harry Potter - tolérance - influence


On le sait, les romans de JK Rowling, la saga Harry Potter, ont frappé l'imaginaire collectif, avec des centaines de millions d'exemplaires vendus. Et ce sont plus particulièrement encore les générations nées entre 1982 et 2002 qui ont subi le gros de l'orage. Et selon une étude menée par un universitaire du Vermont, cette incidence a exercé un véritable bienfait planétaire.

 

 

 

 

Anthony Gierzynski de l'University of Vermont, vient de publier Harry Potter and the Millennials: Research Methods and the Politics of the Muggle Generation. Il explique que non seulement la série de livres, mais également les films, les reportages, les produits dérivés (jeux vidéo, figurine, etc.) ont exercé une saine influence sur la population. 

 

Ceux qui ont été soumis à une dose, plus ou moins forte d'Harry Potter se décriraient comme des gens plus ouverts à l'autre, politiquement plus tolérants, moins autoritaires, moins à même de recourir à la force, à la violence ou la torture, et surtout, politiquement plus impliqués.  

 

Près de 60 % des personnes nées dans la période décrite, et qui ont lu tous les livres, ont ainsi voté pour Barack Obama en 2008, tandis que 83 % d'entre eux avaient un regard défavorable sur l'administration Bush. Bon, personne ne peut encore assurer que le lien soit direct entre le bon sens politique et la lecture des aventures du magicien. Mais soit.

 

Dans son communiqué, Gierzynski estime que les livres ont fourni « de nouvelles perspectives », ou encore renforcé celles que les lecteurs pouvaient avoir. L'immersion dans le monde magique, l'identification avec les personnages, sont autant de points qui semblent différencier les lecteurs d'Harry Potter de ceux qui n'ont pas été fans de la série. 

 

 

Près de 60 % de ceux qui ont lu les livres Harry Potter, ont ainsi voté

pour Barack Obama en 2008, tandis que 83 % d'entre eux avaient un regard défavorable sur l'administration Bush.

 

 

Dans le cadre de son étude, l'universitaire a interrogé 11.000 étudiants, inscrits dans des établissements du supérieur entre 2009 et 2011 (University of Vermont, University of Mississippi, Mississippi State University, Adirondack Community College, California Polytechnic State University, Iowa State and Pacific Lutheran University).  

 

Le questionnaire reposait sur des échelles de réponses de 1 à 5, pour lesquels 30 % des répondants ont assuré avoir très bien vécu l'univers d'Harry Potter, et 35 % avoir lu l'ensemble des livres. Deux tiers d'entre eux n'en avaient lu que quelques-uns. On compte également 45 % des sondés qui avaient vu tous les films et 86 % qui en avaient vu simplement quelques-uns.

 

Les répondants ont ainsi été consultés sur leur tolérance, et ce qu'ils pensaient des groupes sociaux victimes de discrimination aux États-Unis (musulmans, Afro-américains, immigrants, sans-papiers ou homosexuels). Dans l'ensemble, ceux qui avaient lu le livre manifestement des sentiments plutôt positifs à leur égard, démontrant une tolérance plus grande que ceux qui n'avaient pas été lecteurs. 

 

Pour l'universitaire, il faut également constater la volonté de ces générations à agir sur le monde, et combattre ce qui pourrait être mauvais dans leur quotidien. Une forme de théorie de la socialisation, qui serait intrinsèquement liée à Harry Potter et sa lutte contre Voldemort. Les statistiques sont donc formelles : un lecteur d'Harry aura retenu sa leçon des affrontements contre le sorcier maléfique, et de l'importance de battre le mal. 

 

Le chercheur reconnaît toutefois que la corrélation entre les idées politiques et la lecture/visionnage d'Harry Potter, n'est pas une preuve de causalité. Cependant, note-t-il, « il existe des preuves nombreuses que les fans de Harry Potter son différents des non fans, quand on enquête sur les sujets mêmes que la série peut aborder ». Et pour lui, Harry Potter aurait eu autant d'incidence sur ces générations que Star Wars pour la génération X ou encore des Beatles sur les baby-boomers et le film Casablanca sur la génération qui a connu la Grande Dépression et combattu durant la Seconde Guerre mondiale. 

 

(via NewsWise)