Harry Potter : déjà un classique pour des universitaires

Clément Solym - 20.02.2012

Edition - Société - Harry Potter - J.K. Rowling - Susan Napier


La saga Harry Potter a beau s'être achevée, elle figurera dans les annales littéraires des universités anglo-saxonnes, selon une professeure de l'université Tufts dans le Massachusetts aux États-Unis, Susan Napier.

 

À l'occasion d'une conférence sur la place de la saga dans la lignée du genre Fantaisie britannique, la « culture fan » qui l'entoure, ainsi que ses implications culturelles.  

 

 

Et pourtant, J.K. Rowling, l'auteure de la saga, n'innove pas dans le genre. Tout comme Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, Harry Potter raconte l'histoire d'un enfant a priori normal et équilibré, qui découvre un monde merveilleux. Idem pour Les Chroniques de Narnia de C.S Lewis, œuvre littéraire en sept tomes, qui raconte l'histoire de jeunes enfants innocents propulsés dans le royaume manichéen de Narnia, un monde magique aux animaux causant.

 

« Le genre fantaisie est une façon de dépasser les traumatismes et les peurs de l'enfance, comme l'abandon et la mort », explique Susan Napie à Daily Texan online, « on aimerait tous croire qu'un peu de magie existe, cela nous libère un peu », ajoute-t-elle.

 

Pour Katherine Bridgeman, qui étudie l'écriture et la rhétorique, Harry Potter est déjà un classique littéraire de Grande-Bretagne : « C'est l'équivalent du Seigneur des anneaux pour notre génération », explique-t-elle.

 

Et la saga Harry Potter est sur la bonne voie pour devenir un sujet d'étude universitaire, popularisé.

« Les gens continueront à vouloir disséquer l'histoire d'Harry Potter dans les années à venir », affirme Aaron Lemke, étudiant en psychologie, « tout comme mes parents voulaient que je lise C.S Lewis, je voudrais que les miens lisent Harry Potter », ajoute-t-il.

 

 

 

 

Des universitaires attribuent à la saga un engouement nouveau pour la lecture. « Harry Potter est un phénomène. Ça a changé la façon dont les gens abordent la lecture », explique Susan Napier, « les livres ont été traduits en 79 langues, et 450 millions d'exemplaires ont été vendus. Les films ont rapporté dans les 6,4 milliards de $ ».

 

La saga aurait notamment remis au goût du jour les œuvres de Charles Dickens. Selon Suzanne Keen, une professeure d'anglais de l'université Washington et Lee aux États-Unis, la saga et les œuvres du père d'Oliver Twist ont beaucoup de similitudes : traits humour, personnages caricaturaux, intrigues multiples et histoires longues.

 

Les habitudes de lectures ont ainsi été changées : « Il y a une nouvelle attitude envers le fait de lire pour le plaisir », explique-t-elle, « Ils aiment lire. Ils aiment les histoires longues. Ils aiment parler de leurs lectures », avait-elle affirmé (notre actualitté)