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Harry Potter enchante les résultats du groupe Hachette

Cécile Mazin - 10.11.2016

Edition - Economie - Hachette Livre Rowling - résultats financiers troisième trimestre - Harry Potter vente


Le groupe Lagardère communique ses résultats financiers pour le 3e trimestre 2016. Ces derniers affichent un chiffre d’affaires consolidé en forte croissance, de 1,846 milliard € à 1,976 milliard. Et ce, alors que l’environnement « demeure difficile en Europe ».

 

Hachette Livre - Frankfurt Buchmesse 2015

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Pour le secteur de l’édition, la filiale Lagardère Publishing connaît un excellent trimestre, assure le groupe, « avec une croissance à deux chiffres ». Paradoxalement, c’est Harry Potter qui pousse le succès – The Cursed Child est publié chez Little, Brown pour le Royaume-Uni. Dans le même temps, la réforme scolaire en France porte ses fruits pour les différentes maisons du groupe.

 

Au 30 septembre 2016, c’est une croissance de 4,5 % qu’affiche le groupe Hachette, passant de 1,575 milliard à 1,645 milliard € sur l’ensemble de l’année. Pour le 3e trimestre, la variation est plus notable encore, avec 11,2 % de hausse, de 607 millions à 675 millions. 

 

Lagardère Publishing, ou la magie de Potter

 

La croissance sur la période est bien portée par le Royaume-Uni et l’effet magique d’Harry Potter, exploité en langue anglaise partout dans le monde, sauf aux États-Unis et au Canda. Le reste des données provient de la communication officielle de Lagardère : 

 

En France (+ 7,8 %), le fort niveau d’activité est porté principalement par la réforme de programmes scolaires (essentiellement sur le collège) et par la progression de l’Illustré avec le succès des différentes déclinaisons de Simplissime de Jean-François Mallet. Cette progression est atteinte malgré une base de comparaison défavorable en Littérature générale, dûe à un programme de parutions plus riche en 2015.

 

Aux États-Unis, l’activité est en forte progression (+ 12,9 %) bénéficiant d’un meilleur programme de parutions avec les succès notamment de Two by Two de Nicholas Sparks et A Woman of God de James Patterson.

 

Au Royaume-Uni, l’activité affiche une excellente performance (+ 30,1 %), portée d’une part, par le succès de la parution de Harry Potter and the Cursed Child et d’autre part, par la bonne performance de l’Éducation, notamment sur le secondaire.

 

La zone Espagne/Amérique latine est en retrait (- 8,4 %), en raison d’une anticipation des prises de commandes de la campagne scolaire au 1er semestre cette année.

Les Fascicules affichent une performance stable (+ 0,4 %).

 

Enfin, le troisième trimestre indique une nouvelle diminution des résultats liés à la vente de livres numérique. Le poids de l’ebook s’établit ainsi à 6,8 % quand il était de 7,9 % pour le troisième trimestre. Conséquence de la hausse du prix de vente des livres numériques, régulièrement évoquée dans nos colonnes. 

 

Le prix des livres, crucial pour les lecteurs : la preuve, l’ebook s’effondre 

 

Ce que l’on notera avec intérêt, c’est qu’en février dernier, le groupe Hachette avait bel et bien pointé les « nouvelles conditions contractuelles avec Amazon », pour expliquer le recul des ventes numériques. Bien entendu, il n’est pas nécessaire de le rappeler à chaque publication, mais cela permet de comprendre combien la renégociation des contrats, aboutissant à un contrôle du prix de vente, revu à la hausse, a impacté le marché de l’ebook. 

 

Et que, contrairement à ce que l’on peut entendre, le format numérique n’est pas en perte de vitesse : c’est la nouvelle politique commerciale des groupes américains qui est en jeu. En augmentant le prix de vente, ils sont parvenus à détourner les lecteurs, qui appréciaient le format, en ce qu’il leur coûtait moins cher...