Harry Potter, simplement le meilleur livre à lire pour les enfants

Joséphine Leroy - 12.07.2016

Edition - International - Rowling Harry Potter - enfants lecture sondage - littérature jeunesse


Que doivent lire les enfants ? En Grande-Bretagne, la BBC a lancé un sondage dans le cadre de sa campagne BBC Love to Read et a posé cette question auprès des adultes britanniques. En majorité, les sondés ont répondu qu’Harry Potter devrait prioritairement être lu par les enfants, devant Roald Dahl, Harper Lee ou bien la Bible. 

 

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(Erik Schepers / CC BY-NC 2.0)

 

 

Près de 1000 personnes ont participé au sondage organisé par la BBC. À la question de savoir quel livre devrait être lu par tous les enfants, 26 % d’entre eux ont répondu « Harry Potter ». Quels sont les critères de choix ? Pour 57 % des participants, il faut que le livre « développe l’imagination ». Pour d’autres, il s’agit de transmettre le plaisir qu’ils ont éprouvé à lire le livre choisi. 

 

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee a été choisi par des adultes qui considèrent, en majorité, qu’il apprend aux enfants des leçons de vie, mais aussi qu’il aide à enseigner les bonnes manières. 

 

10 % seulement du panel des 18-34 ans ont sélectionné la Bible en recommandation aux enfants, alors que 19 % des 55 ans et plus l’ont nommée. Les chiffres varient en fonction des générations. Dans la tranche d’âge des 18-34 ans, voici les deux titres qui arrivent en tête du podium : Harry Potter de J.K. Rowling (35 %) et Le Bon Gros Géant de Roald Dahl (31 %). Dans les réponses des 55 ans ou plus, Le Club des cinq d’Enid Blayton arrive en premier (26 %), suivi du livre Le Vent dans les saules de Kenneth Grahame (25 %). 

 

Dans certains cas, les avis des hommes et des femmes divergent. Le Club des cinq est plus souvent recommandé par des femmes que par des hommes (22 % contre 15 %), alors que Le Seigneur des Anneaux est davantage recommandé par les hommes que par les femmes (20 % contre 9 %). 

 

BBC Love to Read est une campagne que vient d’initier la BBC. « Les auteurs et les livres ont toujours été au cœur de la BBC, mais avec #Lovetoread2016, notre ambition est de placer en priorité de notre programme la lecture ; de plus, faire participer les gens, laisser chacun la possibilité d’exposer son opinion sur les livres qui comptent le plus pour eux et, plus important encore, donner envie à la nouvelle génération de lire », se réjouit Jonty Claypole, le directeur de la section « Arts » de la radio. 

 

Trop de classiques, peu d'audace 

 

Pour d’autres, ce sondage se concentre beaucoup trop sur la littérature classique. Diana Gerald, directrice de la BookTrust, l’a regretté : « C’est très bien que la campagne BBC Love to Read mette l’accent sur la littérature jeunesse, mais les résultats de l’étude montrent à quel point nous ignorons d’autres grands trésors de la littérature jeunesse. Trop souvent, les enfants doivent lire des “classiques intemporels”, mais jamais ceux qui leur parlent de leur vie à eux, dans un langage qu’ils connaissent. Les classiques sont importants, évidemment, mais, si nous voulons encourager une nouvelle génération de lecteurs, nous devons être plus audacieux et imaginatifs dans les livres que nous proposons. »

 

En tout cas, la lecture de ce sondage vaudrait certainement au proviseur de l’école privée The Acorn School une crise cardiaque. Grame Whiting considérait que les livres fantastiques avaient une influence démoniaque sur les enfants. Harry Potter, Trône de fer ou Le Seigneur des Anneaux constituent pour lui une « littérature obscure et démoniaque dont les idées sont soigneusement dissipées avec des histoires de magie, de pouvoirs et de fantômes ». N’en déplaise au proviseur, ce classement dicté par le diable contient beaucoup de titres néfastes et la Bible arrive en bas de liste. 

 

Bien heureusement, tout le monde n’est pas prêt à adopter une vision aussi apocalyptique. En 2014, des universitaires avaient démontré que la saga Harry Potter encourageait les lecteurs à la tolérance. Dans son livre Harry Potter and the Millennials : Research Methods and the Politics of the Muggle Generation.

 

Anthony Gierzynski expliquait ainsi : « Ceux qui ont été soumis à une dose, plus ou moins forte d’Harry Potter se décriraient comme des gens plus ouverts à l’autre, politiquement plus tolérants, moins autoritaires, moins à même de recourir à la force, à la violence ou la torture, et surtout, politiquement plus impliqués. Près de 60 % des personnes nées dans la période décrite, et qui ont lu tous les livres, ont ainsi voté pour Barack Obama en 2008, tandis que 83 % d’entre eux avaient un regard défavorable sur l’administration Bush. »

 

Le top 10 des recommandations (catégories d’âge et sexes confondus) : 

 

  • 1. Harry Potter de J.K. Rowling 
  • 2. Le Bon Gros Géant de Roald Dahl
  • 3. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee 
  • 4. Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll
  • 5. Le Club des cinq de Enid Blyton  
  • 6. La Chenille qui fait des trous d’Eric Carle
  • 7. Le Vent dans les saules de Kenneth Grahame 
  • 8. Gruffalo de Julia Donaldson 
  • 9. Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien 
  • 10. La Bible 

 

(via BBC et Telegraph