Haruki Murakami, courrier du coeur, petits chatons : romancier à l'écoute

Clément Solym - 21.01.2015

Edition - International - Haruki Murakami - romancier Japon - questions réponses


Depuis quelques semaines, le romancier japonais Haruki Murakami a ouvert un espace d'échange avec ses fans. Rien de tel qu'un site internet pour dialoguer, surtout pour un auteur qui limite ses sorties publiques au maximum. Chez M. Murakami, ou Murakami-san no tokoro, c'est un espace de libre échange. Très libre...

 

 

 

Juré promis, Murakami répond, mais le problème, c'est qu'il ne parle qu'en japonais. Et pour le coup, les lecteurs n'avaient qu'à se mordre les doigts s'ils ne connaissaient pas la langue. Un gentil blogueur les avait d'ailleurs pris en pitié, et proposait sur Mr. Murakami's Place, de traduire les réponses formulées, ainsi que les questions associées. 

 

Sauf que les représentants de Murakami en personne l'ont contacté, pour lui demander de cesser ses exercices de traductions. Un premier avertissement aimable, avant expédition du courrier recommandé, escorté par les yakuzas. Lawrence, l'animateur du blog s'est exécuté, plutôt que de risquer l'exécution, et cessera donc de traduire les propos de M. Murakami. 

 

Cependant, toutes les questions n'étaient pas posées en japonais, peut-on découvrir sur le site. Des interrogations qui ne nécessitent pas de passer par Google Translate, et qui laissent rêveur quant aux attentes des lecteurs. 

 

Ainsi, un certain Vivian se demande si les chats peuvent comprendre les sentiments humains. Plein de sagesse, Murakami « soupçonne que vous ou votre chat êtes extrêmement sensibles. J'ai eu beaucoup de chats, mais aucun n'a été très sympathique. Ils étaient tous aussi égoïstes qu'on peut l'être ». 

 

Un lecteur, marié, avec des enfants, lui avoue avoir une liaison, et demande s'il existe une règle pour les femmes méchantes. « La tricherie est ce qu'elle est, mais je pense que vous devriez être vigilant sur l'utilisation du mot D-[ivorce]. Il est dangereux de le prononcer à voix haute. »

 

Une autre, âgée d'une trentaine d'années, déplore de ne jamais parvenir à tomber amoureuse des personnes qui l'aiment. « C'est tout à fait regrettable. Peut-être qu'il y a une sorte de prédisposition génétique. Personnellement, je vais bien de ce côté. Désolé », répond Haruki.

 

Jusqu'à fin janvier, Murakami continuera de répondre aux questions de ses lecteurs. Certainement des vies sauvées en perspective.