Haruki Murakami exhorte le Japon à s'excuser de son passé

Clémence Chouvelon - 17.04.2015

Edition - International - Japon Corée du Sud Chine - Histoire Seconde Guerre mondiale - Haruki Murakami


Le Time a dévoilé sa liste des 100 personnalités les plus influentes de l'année, et celle-ci compte deux écrivains : Chimamanda Ngozi Adichie (Americanah) et Haruki Murakami (1Q84Kafka sur le rivage et bien d'autres). L'écrivain japonais Haruki Murakami, considéré par le Time non pas en sa qualité d'artiste, mais en tant qu'icône, tente depuis plusieurs années d'apaiser les tensions entre le Japon et ses voisins. 

 

 

 

 

L'auteur a demandé au gouvernement japonais d'adresser aux pays victimes des excuses pour les atrocités commises lors de la Seconde Guerre mondiale, jusqu'à ce qu'ils considèrent que « c'est assez ». « S'excuser n'est pas honteux », a déclaré l'écrivain à l'agence de presse japonaise Kyodo. Le passé colonial de son pays est un « fait » incontestable pour Murakami. 

 

La Corée du Sud et la Chine entre autres nations, reprochent au Premier ministre Shinzo Abe sa façon de gérer les questions liées à l'histoire et des frontières. Depuis sa réélection en 2012, les relations entre Tokyo, Séoul et Pékin se sont dégradées.  

 

Ces déclarations d'Haruki Murakami interviennent alors que la communauté internationale attend le conservateur Shinzo Abe au tournant sur ces questions historiques. Ce dernier s'apprête à discourir devant le Congrès américain fin avril, et prévoit également une déclaration majeure d'ici cet été pour marquer le 70e anniversaire de fin de la Seconde Guerre mondiale.    

 

Haruki Murakami, qui avait soutenu les militants prodémocratie chinois l'année dernière, a souligné le potentiel de l'Asie du Nord-Est, alors que la Chine et la Corée du Sud sont en plein essor. Ces pays auraient la possibilité de devenir des « marchés de qualité », d'où l'importance d'apaiser au plus vite ces tensions liées à l'histoire et au territoire.