Hausse des vols en librairies et des goûts étonnants

Clément Solym - 26.05.2010

Edition - Société - voleur - librairie - ouvrages


Les vols en librairies sont en hausse... c'est tragique, mais c'est ainsi. Anna Goodall, rédactrice en chef du Pen Pusher Magazine et libraire à Clerkenwell Tales, à Londres en fait le triste constat. Elle raconte comment dernièrement, elle s'est surprise à scruter attentivement un client, qu'elle soupçonnait fortement d'être un potentiel voleur. Avec son journal sous le bras, observant un livre de Penguin...

Il avait tout du maraudeur attendant le bon moment... le prédateur fourbe, tapi, qui va se ruer sur un livre...

Le vol, précise-t-elle, pour la librairie indépendante, est plus qu'un fléau. Ce qui n'est clairement pas le cas pour les gros revendeurs. « J'imaginais que ma difficulté majeure serait d'être capable de rester en contact avec nos incroyables et excellents lecteurs. » Mais la réalité s'éloigne facilement de ces belles considérations.

« En fait, les voleurs de livres vous font prendre conscience que vous n'êtes pas aussi bon pour évaluer un livre par sa couverture que vous l'auriez pensé. » Tel vieux monsieur à l'air bizarre se révèle être un prix Goncourt oublié, tandis que la petite fille à couettes, alors que vous discutez avec l'auteur, vient de se barrer avec un livre d'art à 200 €... La garce !

Outre-Atlantique, les libraires new-yorkais ont remarqué que la Beat Generation, Kerouac, Bukowski, Burroughs et consorts attiraient les doigts agiles des voleurs. Mais à Londres ? Et ailleurs ? À Foyles, les goûts des chapardeurs sont très littéraires, avec peut-être même une inclinaison pour la poésie, puisque ces ouvrages disparaissent facilement.

À Londres, c'est encore le livre London A-Z, un guide de voyage, qui est le plus chipé, et ce, depuis au moins février l'an passé. Dans les petits établissements, les goûts évoluent toutefois, avec des classiques de la littérature, comme Dostoievski, en édition Penguin...

Alors, conseille, pour ne pas attiser la curiosité et la suspicion de votre libraire : n'entrez pas avec un sac ouvert, un téléphone à l'oreille ou un journal sous le bras, précise-t-elle...