Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Hausse du nombre de livres censurés dans les écoles américaines en 2013

Antoine Oury - 23.12.2013

Edition - International - États-Unis - censure - minorités


Triste année pour la liberté d'expression aux États-Unis, puisque le nombre de censures observées a considérablement augmenté au sein des établissements scolaires. Sont particulièrement visés les ouvrages traitant de la sexualité ou des ethnies, mais, en règle générale, tout ouvrage faisait apparaître, ou rédigé par un membre d'une minorité a des chances de rapidement disparaître.

 

 

 

 

L'organisation The Kids' Right to Read Project a ainsi relevé 49 cas de censure de livres dans les bibliothèques, dans 29 États au total, soit une hausse de 53 % par rapport à l'année dernière. Signe de contrôle accru de l'information par le gouvernement ? Pas forcément, puisque bibliothécaires et parents peuvent retirer eux-mêmes ou demander le retrait des ouvrages qu'ils jugent pernicieux.

 

De fait, impossible de savoir si une grande coalition de censeurs travaille en sous-main : « Mais il y a des moments, quand une demie-douzaine de titres sur les LGBT ou les ethnies sont censurés en quelques semaines, on se demande "Mais qu'est-ce qu'il se passe là-dedans ? »

 

Parmi les ouvrages frappés par la censure, on retrouve L'oeil le plus bleu de Toni Morrison, Le Premier qui pleure a perdu, de Sherman Alexie, ou La Maison aux Esprits d'Isabel Allende. Pas vraiment des inconnus, donc, mais les militants contre la censure notent une recrudescence des demandes de retrait concernant des livres utilisés en classe.

 

Globalement, les raisons invoquées pour bannir les livres tiennent à un conservatisme à tout crin, et à une volonté de protéger des traditions : Le Premier qui pleure a perduThe Absolutely True Diary of a Part-Time Indian en VO, a été qualifié d'« anti-chrétien », tandis qu'une mère a dénoncé le caractère pornographique du Journal d'Anne Frank...

 

(via The Guardian)