Hemingwate : le plagiat de PPDA ne fera pas long feu

Clément Solym - 09.01.2011

Edition - Société - ppda - plagiat - hemingway


Le plagiat est un thème récurrent dans l'histoire littéraire, voilà un joli poncif. Mais depuis quelques jours que PPDA se fait rentrer dans le lard pour sa biographie d'Hemingway, le monde entier n'en a plus que pour lui...

Internet et l'informatique ont apporté une révolution dans ce domaine : Ctrl C (ou X)/ Ctrl V, des raccourcis clavier qui permettent très simplement de copier, couper et ensuite coller une partie de texte. La chose marche tout aussi bien avec Pomme+C / Pomme+V...

Mais quid de l'affaire PPDA dans ce contexte ?


Le journaliste-écrivain, qu'il soit ou non auteur, au sens premier, ou qu'il ait supervisé l'écriture du livre importe peu, nous explique un directeur de collection. Pour des raisons évidentes, les propos de son email sont reproduits avec un procédé ctrl+C / ctrl+V, mais sous couvert d'anonymat.
Pour répondre à votre question, l'Hemingwate, comme vous l'avez abusivement qualifié, ne fera pas long feu. Le monde de l'édition est parcouru de ces petites aventures, qui se règlent en interne, entre maisons, et loin du bruit des médias.
Si d'ordinaire un de vos confrères découvre une de ces bévues au détour d'une oeuvre, imaginez bien que ce n'est pas la première fois. On sait faire face à ce type de situation, et les traiter, depuis le temps.
Le cas Botul dévoilé par le Nouvel Observateur serait une exception confirmant cette règle.

Du reste, je partage tout de même votre analyse : la ligne de défense choisie tant par l'éditeur, que par la personne qui a posé son nom sur la couverture du livre - en grosses lettres, si vous me passez cette remarque - est assez vulgaire.
D'ordinaire, il est de coutume de faire le dos rond, peut-être, mais profil bas, surtout. Si l'on s'est fait prendre, autant réfléchir rapidement et efficacement, pour donner à la presse une réponse qui permette de clôre le dossier. J'en ai moi-même rédigé quelques-unes par le passé.
Celle proposée par l'éditeur témoigne d'une certaine maladresse, sur laquelle se sont empilés la communication de Patrick Poivre d'Arvor, puis l'interview, parue dans Le Parisien, de son collaborateur.

Maintenant, que Public Sénat enfonce le clou avec l'ouvrage du frère me semble plus maladroit encore. Vous aurez remarqué, si vous l'avez lu, que le livre d'Olivier Poivre d'Arvor ne traite pas du tout de ces questions de plagiat.
Et que pour une phrase tirée de du livre, on se plaise à tirer sur l'ambulance démontre bien plutôt une certaine indigence médiatique qu'une authentique pertinence journalistique.

Bien Cordialement