Hemingway à Pampelune

Clément Solym - 10.07.2011

Edition - Société - hemingway - pampelune - hotel


À chacun sa manière de commémorer l'esprit d'Ernest Hemingway, alors que l'on célèbre le 50e anniversaire de sa mort. Tout est bon pour donner vie au romancier, et lui rendre l'hommage que l'on consiède juste. Pour la ville de Pampelune, c'est d'ailleurs une relation toute particulière...

La chambre 217, d'un hôtel ouvert voilà 130 ans, aura attendu une dernière fois son client : un habitué, d'origine américaine. Aujourd'hui, l'hôtel La Perla est toujours un endroit de luxe. Et conserve en mémoire la première visite d'Ernest, en 1923.

Fernado Hualde, receptionniste, explique : « Hemingway est la personne qui nous a donné une projection universelle, grâce à ses séjours dans notre ville, au moment des fêtes de la San Fermin et dans cet hôtel, où il avait sa chambre attitrée. »

C'est à titre de journaliste, pour le Toronto Star, qu'Hemingway découvre la région. Venu pour évoquer les fêtes, l'ambiance, le lâcher de taureau.... Finalement, il reviendra neuf mois plus tard et entamera l'écriture de Le Soleil se lève aussi.

La ville se souvient alors qu'elle doit beaucoup à l'écrivain. Et il finit donc par prendre ses habitudes dans la chambre 217, logiquement attribuée au plus ancien des toreros. Et très proche de certains d'entre eux, Hemingway est alors fasciné. « Dans les années 1950, quand il est déjà un écrivain célèbre, il se permet le luxe de dormir dans cette chambre, mythique pour lui » et en dépit de « ce que l'on a pu écrire, Hemingway n'a jamais couru les encierros, car il avait très peur des taureaux ».

Aujourd'hui, et depuis longtemps, la ville s'est imprégnée de l'auteur et de multiples hommages sont présents, un peu partout. Quelques jours avant son suicide, le 2 juillet 61, Hemingway avait décommandé sa réservation pour la chambre...

Un suicide qui pourrait d'ailleurs devoir beaucoup à la pression exercée par la surveillance du FBI, et qui aurait finalement precipité et accéléré le geste du romancier. (notre actualitté)