Hemingway : l'oeil du Tigre ou la plume du Paon

Antoine Oury - 09.10.2013

Edition - International - Ernest Hemingway - boxe - légende


Des écrits d'Ernest Hemingway, le lecteur se fait une idée bien particulière de l'auteur du Vieil homme et la mer et Pour qui sonne le glas. En apprenant que l'écrivain a participé aux deux Guerres mondiales, et à la Guerre d'Espagne en tant que reporter, cette idée est renforcée : Hemingway était un dur, une force brute. Et l'écrivain s'était même mis en tête de devenir boxeur...

 

 

Ernest Hemingway, 50 000 Dollars Baby ? (photo via Open Culture)

 

 

En la matière du noble art, Hemingway se disait passionné, résolu à tenir sur le ring quoiqu'il arrive. Une de ces expériences extrêmes de résistance, que l'écrivain s'imposait de relever haut la main, garde tenue. Dans une lettre à Joséphine Herbst, une collègue auteure et journaliste américaine, il écrit même : « Mon écriture n'est rien, mon style de boxe est tout. »

 

La réalité serait tout autre, et Morley Callaghan, romancier et ami de l'écrivain, brise quelque peu le mythe : « Nous étions deux boxeurs amateurs. La différence entre nous, c'est qu'il avait consacré du temps et de l'imagination à la boxe, quand je m'entraînais avec des boxeurs rapides et expérimentés. » D'après son collègue, le sport d'Hemingway relevait surtout du romantisme, et celui « qui doit appartenir strictement au seul spectateur ».

 

Un professionnel du milieu donne même son avis, peu flatteur, sur les dons de l'écrivain pour manier les gants : Jack Dempsey, de passage à Paris, prenait garde de ne pas trop s'approcher d'Hemingway : « J'avais l'impression qu'Hemingway, qui pensait réellement pouvoir boxer, serait du genre à débouler du coin comme un fou. Pour l'arrêter, j'aurais été obligé de le cogner méchamment, et je ne voulais pas faire ça à Hemingway. »

 

Même George Brown, visiblement plus ami qu'entraîneur, évitait de trop mettre en avant son poulain, tant ses compétences dans le noble art étaient limitées... Un combat sur le ring contre un champion, et celui pour lequel sonnait le glas aurait été évident...

 

(via Open Culture)