Henri Barbusse, grand oublié de la République

Nicolas Gary - 24.02.2015

Edition - Société - Henri Barbusse - Commémoration Guerre - République hommages


Heureusement, Marie-George Buffet était là, pour rendre les hommages que la République devait à Henri Barbusse. Auteur d'une trentaine d'ouvrages, le jeune Henri publia son premier livre, un recueil de poésie, en 1895. Il n'a alors que 22 ans, mais Pleureuses reçoit un vif accueil. 

 

 

 

 

Combattant de la guerre de 14-18, Henri Barbusse n'a pas eu la chance, comme Apollinaire, de mourir d'une blessure reçue sur un champ de bataille à cette époque. Engagé volontaire dans l'armée française, il souffre pourtant de problèmes pulmonaires, et manifestait jusqu'à lors des positions franchement hostiles à la Guerre. 

 

C'est d'ailleurs les affrontements qui lui donneront l'expérience nécessaire à l'écriture de son grand roman, Le Feu, qui recevra le Prix Goncourt, en 1916. Autant le public fut véritablement dégoûté de ce qu'il donnait à lire, autant les soldats au front le saluèrent comme un témoignage puissant. 

 

« Mais les trente millions d'esclaves jetés les uns contre les autres par le crime et l'erreur, dans la guerre de la boue, lèvent leurs faces humaines où germe enfin une volonté. L'avenir est dans les mains des esclaves, et on voit bien que le vieux monde sera changé par l'alliance que bâtiront un jour entre eux ceux dont le nombre et la misère sont infinis. »

(extrait de Le Feu)

En 1923, Henri deviendra communiste, et selon certains, Staline aurait donné l'ordre de l'empoisonner – Barbusse est décédé le 30 août 1935. C'est probablement là qu'intervient la députée de Seine Saint-Denis, MGB. Elle souligne en effet que la maison de l'écrivain, située à Aumont-en-Halatte, dans l'Oise, est restée « dans l'état où elle se trouvait au lendemain de la guerre, c'est-à-dire saccagée, et rendue inapte à la visite ».

 

Un état des lieux désastreux, alors que la municipalité souhaiterait certainement en cette période de commémorations du centenaire de la Guerre de 14-18, profiter de l'endroit plus culturellement. Et pour une activité touristique, probablement. Ainsi, « l'association des amis d'Henri Barbusse, propriétaire de cette maison, qui, malgré de nombreux efforts, n'a pu obtenir sa requalification ni réaliser sa restauration pour aboutir à sa réouverture ». 

 

Le pays aurait tout à gagner de réhabiliter la maison de l'homme, car cela réhabiliterait également le travail de l'écrivain. Et dans le cas contraire, « il serait donc dommageable pour notre pays de faire l'impasse sur Henri Barbusse et la maison qui en porte le souvenir ». Le ministère de la Culture est invité à donner sa position, et expliquer comment il prendra part, financièrement, à « la requalification de la maison pour favoriser les initiatives publiques ». 

 

Dans le cadre des commémorations, le lauréat du prix Albert Uderzo en 2006, Boucq s'était investi dans l'illustration du roman de Barbusse, considéré comme l'un des plus précieux de la période – sous-titré Journal d'une escouade. Il décrit l'univers quotidien des Poilus dans le bourbier de cette guerre de tranchée. Étaient alors réunies vingt-trois planches originales qui composent un livre audacieux édité par Invenit.