Henri Labrouste, les bibliothèques en fer et avec tous

Antoine Oury - 11.05.2017

Edition - Bibliothèques - Henri Labrouste architecte - Henri Labrouste bibliothèque - Henri Labrouste Sainte-Geneviève


L'architecte français Henri Labrouste (1801-1875) a trouvé dans les bibliothèques un moyen, alors que sa réputation et sa carrière sont déjà reconnues, de diversifier ses pratiques et ses créations. Avec ses constructions marquantes comme la bibliothèque Sainte-Geneviève ou les coupoles de la Bibliothèque nationale de France, il a popularisé l'usage du fer en architecture et ouvert la voie au baroque de l'Art nouveau, bien malgré lui.


Façade de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, sud-est.JPG

La Bibliothèque Sainte-Geneviève (Priscille Leroy, CC BY-SA 4.0)
 

De formation classique, élève brillant de l'École royale des Beaux-Arts, Henri Labrouste n'a rien d'un révolutionnaire : il étudie l'architecture en Italie et ses inspirations comme ses œuvres, plutôt classiques, s'en ressentent. D'ailleurs, sa carrière aurait pu ronronner à jamais s'il ne s'était pas vu confier, en 1838, la construction d'un nouveau bâtiment pour les collections de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris.

 

Le coup de génie de Labrouste, c'est alors de mêler le fer et la pierre dans de vastes constructions : la salle de lecture de la Bibliothèque Sainte-Geneviève s'impose comme une référence du genre, avec ses formes décoratives en fontes et le comble en fer. 

 

Salle de lecture Bibliotheque Sainte-Genevieve n03.jpg

La salle de lecture de la bibliothèque Sainte-Geneviève, en 2001
(Marie-Lan Nguyen, CC BY 2.0 fr)

 

Les travaux débutent en 1843, mais le bâtiment ne sera terminé et inauguré qu'en 1851.


Dès 1854, auréolé par cette construction, Henri Labrouste se voit confier un autre projet d'envergure : la reconstruction de la Bibliothèque impériale, dont les collections sont trop éparses entre différents bâtiments. Si la salle de lecture de Sainte-Geneviève se déployait en longueur, celle de la Bibliothèque impériale est carrée, et prolongée par un hémicycle soutenu par une élégante structure en fer, semblable à celle de l'autre bibliothèque qu'il a construite.

À l'époque, c'est aussi dans le magasin de conservation des collections que l'architecte Labrouste fait des miracles : aidé par son matériau fétiche, le fer, il crée une infrastructure capable d'accueillir 900 000 livres, où la lumière circule facilement grâce à des planchers en claire-voie, légèrement ajourés.

 


L.-É. Durandelle, Magasin Central des Imprimés
Bibliothèque Impériale, photographie, 1888, domaine public, via l'INHA
 

Aujourd'hui, la Bibliothèque impériale est bien sûr la Bibliothèque nationale, et le magasin central est devenu la salle Labrouste, qui accueille désormais la Bibliothèque de l'Institut national de l'Histoire de l'Art. Les deux constructions d'Henri Labrouste sont restées parmi les plus marquantes de sa carrière, et ont été considérées comme des modèles du genre. Si le rationalisme de Labrouste peut aujourd'hui sembler un peu rigide, son usage du fer a, quelques années plus tard, fait les beaux jours de l'Art Nouveau...
 

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Salle Labrouste INHA

La Salle Labrouste (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)