Henry Caillavet, premier roman à 99 ans et doyen de la rentrée littéraire

Clément Solym - 11.09.2012

Edition - Les maisons - Henry Caillavet - Pierre Mendès France, - Manon ou les amours inachevés


Ancien sénateur et ex-ministre de Pierre Mendès France, Henry Caillavet a attendu 99 ans pour publier son premier roman. Il n'y a pas d'âge pour écrire et cela fait de lui l'auguste doyen de cette rentrée littéraire. Franc-maçon de son état, son roman Manon ou les amours inachevés, est paru le 5 septembre dernier, aux éditions Bruno Leprince. Disponible en librairie, l'ouvrage coûte 10 € et le lecteur y découvrira également une préface du philosophe agrégé Jacques Ricot, comme le précise un communiqué de presse.

 

La plume est poétique et sentimentale. Et la romance ? S'agit-il d'un prétexte pour parler de soi, de la vie et de la mort ? Amour et autres cimes, il semble que ces lignes attestent de quelques blessures, qu'un couteau dans la plaie ou qu'une plume, sont venues remuer au fil des années. Si Henry Caillavet a attendu tout ce temps pour publier ce témoignage, c'est sans doute précisément parce qu'il n'attendait pas. Et c'est à n'en point douter que la plume s'est préparée à rencontrer Manon.

 

Henry Caillavet fut l'un des hommes politiques marquants de l'après-guerre. Cet orateur renommé venu du Sud-Ouest, est un éternel amoureux de la langue. Et pas n'importe quel verbiage, puisqu'il met en mot « un rêve éveillé » d'après le communiqué de presse. Pour un peu, il rejoindrait presque la tribune onirique de Gaston Bachelard, dans l'Air et les songes. Il écrit donc en toute simplicité, mais prenant soin de choisir les métaphores.

 

Et pour ce faire, il faut tout de même un environnement qui soit propice. Non pas seulement une atmosphère onirique, mais aussi les lieux qu'il chéri, nourrissante imagination, ou véritables refuges de l'âme à ciel ouvert : Paris, Toulouse, Tunisie, Cameroun et surtout... Le pays de Bigorre et la vallée de l'Aure.

 

Les liens d'amitiés aussi sont bien là, authentiques, trahis ou encensés, ils délivrent un message en 5 actes : avoir la gloriole n'est pas une fin en soi, et tout de suite ça casse tout dit comme ça. Ce qui compte dans la vie, ce sont les histoires d'amour que l'on a vécu, la beauté des artistes, la générosité de ceux qui ont épousé la cause de l'altruisme et la connaissance du monde, comme livret d'une musique inconnue.

 

Le socialiste s'était opposé à la politique pétainiste en 1940, puis au général De Gaulle en 1958, avant de côtoyer, des hommes tels que Vladimir Jankélévitch, André Malraux, Robert Badinter, ou encore Jean Rostand, de comités en comités. Il est membre du comité national consultatif d'éthique depuis 1981, après l'errance parlementaire, il choisit les conciliabules de la langue.