High-tech, livres : la revente de cadeaux, c'est Noël pour les marketplaces

Cécile Mazin - 26.12.2016

Edition - Economie - revendre livres internet - cadeaux noël argent - déception offrir fêtes


La bûche n’est pas encore fondue que déjà les cadeaux de Noël se retrouvent sur internet, revendus vite fait, bien fait. La tradition s’installe durablement : ce que l’on n’a pas vraiment apprécié se refourgue sur la toile, avec de plus en plus d’aisance. 

 

Applications et sites se disputent les faveurs des consommateurs – et surtout leurs produits. Avec l’essor des marketplace proposant des solutions de vente d’occasion, les internautes n’ont que l’embarras du choix. Désormais, la solution technologique privilégiée est de passer par son smartphone, pour scanner le code-barre du produit. Priceminister y est rompu, mais il est loin d’être le seul. 

 

Computer and Mouse

dave walker, cc by 2.0

 

 

D’ailleurs, c’est ce qui a fait le succès de l’Allemand Momox qui rachète principalement des produits culturels. Et toujours avec cette ambiguïté qui ennuie tant le monde du livre : vendre du neuf au prix de l’occasion. Avec le prix unique du livre, ces slogans publicitaires sont toujours aussi problématiques. Le prix du livre neuf est établi par l’éditeur : si l’on revend un livre, il ne peut plus être neuf dans le sens entendu, en dépit de son état. 

 

Début décembre, Opinion Way opérait un sondage pour le compte de Priceminister, soulignant que 50 % des Français ont revendu, ou envisagent, leurs cadeaux de Noël. Et principalement parce qu’il s’agit d’un présent reçu en double. Toutefois, ce sont les produits high-tech qui sont principalement mis sur internet : le livre n’arrive qu’en troisième position (13 %, après les jeux vidéo, 17 % et la high-tech, 19 %).

 

Des produits par ailleurs proposés dès le soir du 24, et qui continueront de s’accumuler sur les marketplaces jusqu’au début des soldes. C’est qu’au moment où l’offre dépasse la demande, la revente n’a plus aucun intérêt. Évidemment, le lobby exercé par ces gros revendeurs ne doit pas être oublié : de même que le Père Noël est une production de Coca-Cola, de même les opérations pour inciter les internautes à revendre se sont démultipliées ces dernières années. Et comme les solutions techniques pour ce faire sont de plus en plus accessibles, pas de raison de se priver. Fichu capitalisme. 

 

campagne de Priceminister

 

 

À l’AFP, eBay confie avoir recensé 10 à 20 % d’annonces en plus au cours du week-end du 24-25 décembre, en regard d’un week-end traditionnel. Mêmes estimations chez Le Bon Coin, quand chez Priceminister, on revendique 10 à 15 %. La parte-parole de eBay, Leyla Guilany-Lyard, souligne : « Cette année encore, les cadeaux les plus revendus sur eBay.fr sont le plus souvent de très beaux objets, à l’instar de produits et accessoires high-tech ou de luxe, sans oublier les best-sellers de Noel que sont les livres, les jeux vidéo ou encore les parfums parfois reçus en double. »

 

Et dans le même temps, les Français sont toujours embarrassés : 85 % d’entre eux n’osent pas avouer qu’ils sont passés par internet pour se débarrasser d’un cadeau indésiré. 

 

Après, des solutions de troc se sont également mises en place, et plutôt que de pratiquer la revente, elles offrent aux internautes de pouvoir simplement échanger – après négociations avec la personne intéressée. Rappelons que le dernier trimestre de l’année représente près de 30 % du chiffre d’affaires réalisé par l’édition, avec 14 % pour le seul mois de décembre (données CNL). Les études du cabinet Deloitte – pas d’édition pour 2016 – indiquent également qu’au cours des dernières années, le livre faisait partie des cadeaux les plus offerts.