Hilary Mantel tue Thatcher : l'acheteur du texte quitte le Telegraph

Nicolas Gary - 16.10.2014

Edition - Société - Hilary Mantel - Magaret Thatcher - démission Telegraph


Hilary Mantel en avait rêvé, la fiction l'a fait. Tuer la Dame de fer, alias Margaret Thatcher, c'était un fantasme ancien, que la romancière avait concrétisé dans une œuvre de fiction, The Assassination of Margaret Thatcher : August 6 th 1983. Et bien entendu, une pareille nouvelle n'a pas manqué de faire parler la déesse aux cent bouches.

 

 

THE IRON LADY, MARGARET THATCHER

Robert Huffstutter, CC BY 2.0

 

 

Elle se souvenait d'une journée de 1983, Hilary, où elle vit passer Thatcher à sa fenêtre. « Immédiatement, votre œil mesure la distance », explique-t-elle, singeant du pouce et de l'index un pistolet. « J'ai pensé que, si cela n'avait pas été moi, si j'avais été quelqu'un d'autre, elle serait morte. »

 

Et d'ajouter : « Quand je pense à elle, je peux toujours sentir cette bouillante haine. Elle a causé des dommages nombreux, dans plusieurs domaines de la vie nationale, mais je ne suis aucun des deux protagonistes de cette pièce. »

 

Le scandale n'allait pas tarder, et les partisans comme les détracteurs se sont rapidement fait connaître. Aimer ou ne pas aimer la prose, le style et le fond a fait parler longuement en Angleterre, tant le personnage de Thatcher était lui-même sujet aux controverses. 

 

Ce que le Guardian nous apprend, c'est que Dan Hickey, responsable chez Telegraph Media Group, qui avait signé l'achat pour publication du feuilleton de Mantel, vient de quitter l'entreprise. Et il s'était retrouvé en première ligne lorsque les débats devinrent houleux. 

 

En poste depuis février 2014, cet Américain avait amplement participé à de profonds changements opérés dans le Telegraph, en qualité de chef de produit, et notamment pour le développement de nouveaux canaux générateurs de profits. Vice-président senior des produits numériques.

 

Impossible, cependant, de savoir si la publication du texte de Mantel est liée à ce départ.