Hillary Clinton : à peine candidate, déjà un livre lourd de reproches

Cécile Mazin - 20.04.2015

Edition - International - Hillary Clinton - campagne présidentielle - Fondation Clinton


Les primaires chez les démocrates débuteront en 2016, mais Hillary Clinton a déjà annoncé sa candidature pour le poste de président des États-Unis. Depuis le 12 avril, elle a envoyé son CV à l'Amérique tout entière, assurant qu'elle voulait être la championne de ses compatriotes. La championne dont ils sont besoin. Il faudra passer à travers un livre qui risque de faire un peu de tort à l'ancienne Première Dame. 

 

 

Hilary Clinton

Mike Mozart, CC BY 2.0 

 

 

Avec Clinton Cash : The Untold Story of How and Why Foreign Governments and Businesses Helped Make Bill and Hillary Rich, l'auteur Peter Schweizer pourrait mettre un petit grain de sel dans l'Histoire. Ce dernier a étudié le fonctionnement de la Fondation Clinton, et les donations effectuées par des tiers. Des transactions financières qui ont eu des répercussions politiques, tournant en faveur des généreux donateurs. 

 

Le New York Times n'hésite pas à parler d'un ouvrage qui serait le plus attendu, et le plus redouté alors que s'amorce le cycle de l'élection présidentielle. C'est qu'à l'époque où Hillary Clinton était Secrétaire d'État, quelques conflits d'intérêts ressortiraient, affirme l'auteur. Et de pointer que les objectifs de transparence qu'elle s'était auto-imposés n'ont pas vraiment suivi. 

 

Si Hillary Clinton a démissionné la semaine qui a suivi l'annonce de sa candidature, la Fondation a déclaré qu'elle continuerait d'accepter les dons en provenance de gouvernements étrangers. On compte déjà l'Australie, le Canada, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège et le Royaume-Uni dans les rangs des financeurs. Or, le scandale vient de ce que des frais de Bill Clinton, pour des conférences, ont été largement payés par ces mécènes. En retour, ils auraient obtenu des compensations non négligeables lorsque Dame Hillary se trouvait au Département d'État. 

 

Chose amusante, certaines nations du Moyen-Orient figurent parmi les pays prohibés, et dont les grâces ne seront plus acceptées. 

 

Bien entendu, les chercheurs trouveront rapidement que Schweizer fut un consultant et plume de George W. Bush. Le NYT assure que le ton est suffisamment neutre, et le propos largement assez bien renseigné pour que l'on croie à l'ensemble. 

 

Une riposte du clan conservateur pourrait prendre des formes plus vicieuses, bien entendu, et surtout plus subtiles. Mais les premières informations communiquées font état de choses assez ubuesques. Ainsi, plus d'un million de dollars ont été versés par une banque canadienne, en provenance d'un actionnaire majeur de l'oléoduc Keystone XL, alors qu'un projet tournant autour de l'énergie était débattu au Département d'État. 

 

Un porte-parole de la campagne de Clinton assure que ce type de publication, dont les faits sont mis bout à bout et déformés, relève de la formule traditionnelle de la théorie du complot. « Absurdes », donc. Mais l'auteur avance tout de même des choses troublantes.