Holocauste : Les librairies Indigo font polémique avec un slogan

Julien Helmlinger - 14.03.2014

Edition - Librairies - Marketing - Publicité - Holocauste


Il est des sujets sensibles face auxquels il vaut mieux choisir avec soin le ton de ses slogans publicitaires, comme vient de se le faire rappeler la chaîne de librairies Indigo. L'une de ses boutiques, située au centre de Toronto, commercialise un gros volume intitulé The Holocaust Chronicles, une sorte d'encyclopédie qui traite de la Shoah sur 768 pages. Un bouquin bien mis en valeur sur les tables, ces dernières finalement jugées trop tape-à-l'oeil, en affichant l'impudent slogan : Oy Veh! Can't believe I read the whole thing.

 

 


 

 

L'interjection d'origine hébraïque « Oy vaï », en yiddish, peut servir à exprimer tout un éventail de sentiments allant de la surprise à l'abattement, et sans faire l'impasse sur l'ironie. Alors quand la journaliste Marni Soupcoff est tombée sur cette signalisation destinée aux lecteurs, elle en a publié une photo via Twitter en commentant : « Je ne suis pas certaine qu'Indigo ait trouvé le bon ton en ce cas. »

 

La publication de la photo a immédiatement suscité son tollé sur le réseau social. Non seulement l'interjection hébraïque s'y trouve mal orthographiée, suscitant des accusations de lacunes culturelles, tandis que la touche humoristique n'a pas fait l'unanimité parmi les adeptes juifs de la chaîne Indigo notamment, se voyant parfois qualifiée de blague antisémite.

 

Nombre de réactions se sont succédées sur Twitter, auxquelles le compte @chaptersindigo aura répondu sans tarder tout au long de la journée. Le directeur des relations publiques de la chaîne, Alex Thompson, a quant à lui adressé un mail au Globe, expliquant que « cela (le slogan) ne reflète certainement pas les valeurs de notre marque. La signalisation a été retirée dès qu'elle a été portée à notre attention ».

 

En effet, celle-ci aurait été retirée dans la foulée. Dans la publicité, des flops parfois hilarants, voire insultants, arrivent bien vite. En témoignent bon nombre de compilations de photos sur le web, avec leurs lots d'orthographes qui ont dérapé ou d'appariements parfois involontaires et peu judicieux d'affiches qui auraient gagné à rester indépendantes. Dans le cas présent, les internautes se demandent qui a bien pu valider le message.