Hommage : Ray Bradbury, 'une écriture frénétique' d'autodidacte

Clément Solym - 07.06.2012

Edition - International - bradbury - gaiman - mars


Alors que le monde continue de pleurer l'un des pères de la science-fiction, HarperCollins a annoncé la sortie d'une livre sous forme d'hommage au plus martien des terriens. A paraître en juillet, Shadow Show est une compilation de nouvelles  de 26 auteurs inspirés par l'œuvre de Bradbury.

 

On sait déjà que Neil Gaiman, Margaret Atwood, Dave Eggers, Jacquelyn Mitchard et Bonnie Joe Campbell figurent au sommaire. Contactée par le Globe and Mail  à l'annonce de la mort du décès, Atwood avait évoqué « le plongeon métaphorique profond » des auteurs dans les Chroniques martiennes. Headlife, sa contribution à cet hommage est lisible ici.

 

Les hommages d'écrivains se sont succédés, et parmi les politiques, notons celui d'Aurélie Filippetti, qui salue un « géant de la littérature ». Et d'évoquer : « Un romancier véritablement visionnaire qui a donné ses lettres de noblesse à la science-fiction, qu'il considérait comme “une description de la réalité” par opposition au fantastique, “une description de l'irréel”. »

Nous avons tous été marqués par Fahrenheit 451, cette fable inspirée des autodafés nazis de livres, adaptée au cinéma par François Truffaut en 1966. Peu d'œuvres ont aussi bien dénoncé les grands maux de notre siècle : la censure et le totalitarisme, les dangers de la modernité, la société de consommation.

Bradbury était un humaniste, inquiet de la survie spirituelle de l'humanité. Cette inquiétude l'a poussé à écrire frénétiquement depuis l'âge de 17 ans, en autodidacte, dans toutes les formes d'écritures : cinq cents nouvelles, trente romans, pièces de théâtre, scénarios. C'était sa façon à lui de « vivre pour toujours ».

 

Et puis, n'oublions pas l'intervention de Barack Obama, en personne, qui, à l'instar d'autres citoyens américains, a été bouleversé à l'annonce de la mort de Ray Bradbury. « Son don pour raconter des histoires a refaçonné notre culture et élargi notre monde. Mais Ray a aussi compris que notre imagination peut être utilisée comme un outil pour accéder à une meilleure compréhension, un véhicule pour changer et exprimer nos valeurs les plus chères. »

 

Pour le président des États-Unis, sans oublier de présenter ses condoléances à la famille, « il ne fait aucun doute que Ray va continuer d'inspirer de plus en plus de générations avec son écriture ». 

 

En avril 2010, Bradbury, lassé de ce que le président Obama avait décidé de construire une mosquée près du Ground Zero, à New York, pestait contre cette dépense malheureuse. « Il aurait dû plutôt annoncer que nous allions retourner sur la Lune. Nous ne devrions pas avoir abandonné cela. Nous devrions partir sur la Lune et préparer une base, depuis là-bas, pour lancer une fusée allant sur Mars, et ensuite, nous rendre sur Mars pour coloniser la planète. Alors, lorsque nous ferons cela, alors nous vivrons pour toujours. » (via Los Angeles Times)

 

A sa manière, Le PiXX, qui signe également la couverture de la revue Géante Rouge, rend également un bel hommage à l'homme qui rêvait tant de Mars.