Hong Kong : Murakami soutient les militants prodémocratie

Julien Helmlinger - 03.03.2015

Edition - International - Haruki Murakami - Manifestations - Démocratie


Depuis quelques semaines, Haruki Murakami répond aux questions de ses fans sur une page web dédiée. Selon le romancier japonais, qui déplore la fin des manifestations d'étudiants à Hong Kong, les mouvements prodémocratie de l'année écoulée n'auront pas été vains. Il s'exprimait à ce sujet ce lundi, interrogé par une femme âgée de 22 ans qui avait participé aux protestations en 2014 et pensait qu'elles avaient mené à un échec.

 

 

 

 

L'auteur de 1Q84 ou encore de Kafka sur le rivage répond aux questions, plus ou moins sérieuses, que se posent les internautes. À propos d'un éventuel échec des manifestations, Murakami a répondu : « Je regrette que beaucoup de choses ne se passent pas comme on l'espérait. Mais ce que vous avez fait pour la démocratisation ne sera pas vain. Cela reste un fait et personne ne peut l'ignorer. »

 

Les protestations, débutées en septembre 2014, ont vu quelque 100.000 personnes occuper des quartiers entiers de l'ex-colonie britannique au plus fort du mouvement. Pendant plusieurs mois, elles ont revendiqué l'instauration d'une démocratie, en s'adressant directement à Pékin plutôt qu'à Hong Kong.

 

« Nous avons ce pouvoir de l'imagination, comme le chantait John Lennon. Même si cela nous donne l'impression d'être impuissants devant une réalité violente et cynique, cela nous met aussi en position d'imaginer un monde qui est différent de celui actuel », expliquait-il fin 2014.

 

Mais les autorités ont finalement démantelé les campements au cours du mois de décembre, les embouteillages et autres perturbations économiques ayant fini par lasser une partie de la population vivant à Hong Kong.

 

Murakami avait quant à lui pris part à des mouvements de protestation dans les années 1960. Au cours du mois de novembre dernier, il avait par ailleurs adressé son message de soutien aux manifestants de Hong Kong, comparant leur combat à celui qui a fait tomber le Mur de Berlin en 1989.

 

Le retour à la routine, depuis l'arrêt des manifestations, donnait le sentiment à son interlocutrice que leur mouvement avait rencontré l'échec. Mais l'écrivain persiste : « S'il vous plait, continuez de changer le monde, même si ce n'est que petit à petit. Je vous accorde mon soutien. »