Hongrie : exil politique au Canada pour l'écrivain Akos Kerstész

Clément Solym - 05.03.2012

Edition - International - Akos Kertész - Hongrie - exil politique


Akos Kertesz avait accusé ses compatriotes hongrois dans une lettre datant d'août dernier, pointant leur responsabilité dans l'Holocauste juif qui s'était déroulé dans le pays. Mais pour toute action, une réaction. Et quelques mois après ce courrier incendiaire, l'écrivain se voit contraint de demander l'asile au Canada, pour échapper à la campagne de dénigrement qui le poursuit.

 

Dans ce courrier, il accuse le pays d'être responsable de la mort de 40.000 juifs hongrois. Et comme le pays n'a jamais présenté d'excuses, ni ne s'est repenti de cette période, jamais elle ne recevra l'absolution, signait-il.

 

Romancier et scénariste juif, âgé de 79 ans, Akos Kertesz vit avec sa femme à Montréal depuis fin février. Et il a officiellement formulé une demande d'accueil pour réfugié politique, suite aux menaces et aux sévices psychologiques que sa femme et lui ont subis dans leur pays d'origine. 

 

« Insulté et battu en pleine rue », explique-t-il, l'écrivain considère que sa vie est mise en danger. Et cette campagne de dénigrement relèverait également de décisions politiques, puisqu'il estime en voir les ramifications dans le gouvernement ainsi qu'au parlement, mais également dans la ville même de Budapest, autant que dans les médias, explique-t-il dans un communiqué.

 

Les menaces et le harcèlement dont ils font tous deux l'objet les contraignent donc à l'exil. « Je n'ai pas pris ma décision contre la Hongrie, ni le peuple hongrois, mais contre le gouvernement actuel. J'espère être en mesure, un jour, de revenir dans une Hongrie humaine et démocratique. » 

 

C'est que l'écrivain comparait tout de même le peuple hongrois à des cochons qui « aiment à se vautrer dans la boue, sans se soucier du boucher qui va sous peu leur trancher la gorge ».  Il ajoutait également que la Hongrie était génétiquement inférieure aux États-Unis, du fait de leur implication dans le génocide juif. En septembre 2011, sa lettre avait été reprise, en supprime soigneusement cette dernière référence. 

 

Pourtant, le premier ministre conservateur, Viktor Orban, semble donner tous les signes dans le pays, d'une possible dérive totalitaire, et d'un comportement excessif. En effet, L'Union européenne l'a sommé à plusieurs reprises de respecter les accords passés entre pays membres, et de ne pas modifier les législations hongroises par lesquelles il avait pu obtenir des financements européens. 

 

Les critiques dans le pays même l'accusent de tendances fâcheusement autoritaires. Pour l'écrivain Akos Kertész, cette tension politique et l'amnésie qui frappe le pays ne sont plus supportables. 

 

 

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