Hongrie : L'écrivain Péter Esterházy s'estime victime de censure

Clément Solym - 06.01.2013

Edition - International - Péter Esterházy - Hongrie - censure


L'écrivain hongrois Péter Esterházy, auteur phare du pays, a expliqué à l'hebdomadaire Elet es Irodalom, que sur une station de radio publique, il avait été tout bonnement censuré. Selon lui, deux phrases essentielles, portant sur la politique culturelle du premier ministre, Viktor Orban, ont été supprimées ; l'auteur était alors invité sur radio Kossut, pour une diffusion le 25 décembre.

 

 

Péter Esterházy

Péter Esterházy

Savv, (CC BY-NC 2.0)

 

 

« La dernière fois que j'ai été censuré, c'était en 1981, sous la dictature communiste », s'indigne l'auteur, dont les oeuvres sont traduites en plus de 20 langues et le travail internationalement reconnu. Au cours de cette intervention, il enjoignait les auditeurs à se rendre au Théâtre national de Hongrie : selon lui, le directeur, Robert Alföldi, sera remplacé en juin prochain.

 

Et Attila Vidnyanszky, qui prendra sa place, est un proche du gouvernement conservateur. Raison pour laquelle, il fallait profiter des représentations maintenant et ne pas attendre ledit remplacement. 

 

Le Bureau hongrois pour la diffusion publique, le MTVA, s'est excusé auprès de l'auteur, pour cette coupure et « regrettable erreur », mais réfute, dans son communiqué, toute forme de censure. On évoque une erreur éditoriale, tout en assurant qu'une enquête a été ouverte.

 

Sauf que, l'affaire est troublante : en 2010, en arrivant au pouvoir, Viktor Orban a instauré un organisme de surveillance des médias, qui ne dit pas son nom. Proche du pouvoir, pour ne pas dire contrôlée par lui, cette autorité a été liée à plusieurs cas de censure dénoncés depuis sa création.

 

Ainsi, en décembre 2011, un groupe de salariés de la télévision publique, avait organisé un mouvement de protestation, considérant que la réforme des médias, voulue et mise en place par Viktor Orban, nuisait à leur travail. L'éditrice Aranka Szavuly et le journaliste Balazs Nagy Navarro, avaient dénoncé un reportage où le visage de Zoltan Lomnici, ancien président de la Cour suprême, était flouté. Un artifice qui donnait à croire que l'homme était louche. 

 

 

Pour approfondir

Le secrétaire d'Etat hongrois démissionne

Exil politique au Canada pour l'écrivain Akos Kerstész

 




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.