Houellebecq ne plagie pas, il ne fait que de 'courtes citations'

Clément Solym - 06.09.2010

Edition - Société - wikipedia - houellebecq - flammarion


Il puise dans la réalité pour nourrir ses ouvrages, récupère des personnalités pour les introduire dedans, les malaxe, les transforme, jusqu'à faire de Jean-Pierre Pernaut un gay visionnaire... Michel Houellebecq ne respecte rien. Simplement parce qu'il n'y a rien à respecter ?

Outre le recours à des personnalités people dans son dernier ouvrage, le Houel a également fait fort : piocher dans Wikipédia pour obtenir des éléments supplémentaires, du matériau pour la structure de son livre. Quelques passages fleurent bon la réécriture - à peine - d'articles puisés dans l'encyclopédie en ligne, au point que l'on s'en pose des questions sur la rédaction de ce dernier roman.

Flammarion défend son romancier

Si l'on s'en pose, Yorric Kermarrec, secrétaire général des éditions Flammarion, vient de nous donner une réponse très simple, quant aux différentes interrogations que nous pourrions avoir. Évoquant des reprises, mais cerclant le terme de guillemets, il explique en effet que « notre auteur utilise effectivement les notices et sites officiels comme matériau littéraire brut pour parfois les intégrer dans ces romans après les avoir retravaillés ».

Cependant, jamais ces utilisations de matériaux tiers n'excédent la courte citation, bien que « certaines reprises peuvent apparaître telles quelles mot pour mot ». Et du fait de la brièveté de ces citations, justement, elles sont « totalement insusceptibles de constituer un quelconque plagiat, ce qui constituerait une accusation très grave ». Autrement dit : gare à qui dira que Houellebecq plagie : il s'inspire, est inspiré, mais jamais on ne tolérera qu'il soit dit qu'il copie.

Et de conclure : « Lorsque nous avons pu constater ces très rares reprises, nous avons remarqué que la source n'indique pas elle-même l'identité des auteurs. »

Mauvais foie

Celui qui lira entre les lignes que, oui, Houellebecq a pompé des pans entiers, en réécrivant des petits bouts, pour la forme - voire, pour donner du boulot aux journalistes, et les pousser à l'enquête - ne ferait preuve que de mauvaise foi. Après tout, William Inge disait que l'oeuvre originale, c'est un plagiat qui n'a pas encore été détecté.

Maintenant, vous savez à quoi vous en tenir...

Sinon, il y a toujours l'avis de Tahar Ben Jelloun, pour qui, ce dernier ouvrage n'a véritablement rien de très intéressant.