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Houellebecq peaufine un projet de nouvelle Constitution pour la France

Julien Helmlinger - 30.04.2014

Edition - International - Michel Houellebecq - Politique - Constitution


Extension du domaine de la lutte ? Dans le magazine Lui, édition de ce mercredi 30 avril, Michel Houellebecq parle politique avec Frédéric Beigbeder. Remonté contre le gouvernement, l'écrivain et réalisateur confie combien il se sent « extrêmement mal en France » et « peaufine un projet de nouvelle Constitution » orienté vers le concept de démocratie directe. Comme quoi se tenir à distance de la vie publique n'empêche pas de songer au bien commun.

 

 

CC by 2.0 par Abode of Chaos

 

 

Houellebeq en convient qu'il est « assez inhabituel de lancer une campagne politique dans Lui ». Mais comme il manque de « relais d'opinion sérieux », qu'il en vient à redouter une « guerre civile » et qu'il est parfois nécessaire de « changer les habitudes anciennes », il s'est lancé à l'occasion d'un long entretien.


L'écrivain dénonce : « Je me sens extrêmement mal en France. Il y a eu plusieurs tours de vis supplémentaires (...) C'est incroyable comme le gouvernement semble vouloir augmenter le malheur des gens, dans des proportions peut-être inédites. »


Aussi si l'on ne prend pas de mesures, « on court à la catastrophe » estime Michel Houellebecq, qui planche à son projet de nouvelle Constitution démocratique. « J'en ai parlé à Sarkozy pour qui j'ai une réelle affection. Tout d'abord, je souhaite généraliser la démocratie directe en supprimant le Parlement. »


Il poursuit en expliquant que selon lui « le président de la République doit être élu à vie, mais instantanément révocable sur simple référendum d'initiative populaire ». Dans son projet, les juges doivent être élus et le budget de l'État décidé par les citoyens « qui devront chaque année remplir une feuille avec des cases à cocher. Le peuple décidera ainsi quelles dépenses il juge prioritaires ».

 

Concernant le projet de loi visant à pénaliser les clients de prostituées, celui-ci n'est à ses yeux pas une mesure adaptée. Car l'écrivain soutient que les professionnelles « adorent leur métier et empêcher ces filles d'exercer est une première saloperie considérable », rapporte l'AFP.