Hunger Games : les fans rassasiés, sauf sur Amazon

Clément Solym - 27.03.2012

Edition - Société - Hunger Games - Amazon - arnaque


Vous n'avez pas fait l'erreur de passer encore une fois à côté du phénomène littéraire de l'année, n'est-ce pas ? Vous aviez déjà fait le coup à votre entourage avec Harry Potter, puis Twilight, en passant bien sûr par Le Monde de Narnia. Même à la sortie de Sherlock Holmes, vous étiez à côté de la plaque en évoquant le chien des Baskerville. Pour Hunger Games, aucune excuse : si vous refusez d'y mettre de la bonne volonté, vous allez probablement vous retrouver très seul.

 

Si l'adaptation de la série littéraire de Suzanne Collins a d'ores et déjà fait ses preuves en matière de box-office, au moins aux États-Unis, (voir notre actualitté) sa sortie en salles a relancé l'intérêt autour de la trilogie. D'abord sur les librairies en ligne, où le défi a très vite été de vendre le plus d'exemplaires possible en multipliant les offres promotionnelles : et le grand gagnant en la matière est... Kobo.

 

À l'aide de trois codes, le lecteur pourra obtenir un rabais conséquent sur les versions numériques des trois livres Hunger Games, et s'en sortir avec la trilogie pour à peine 4 $. À côté, les 19 $ et 29 $ réclamés respectivement par Amazon et Nook pour le même format en font des boutiques de luxe. Au pire, les membres premium d'Amazon pourront toujours emprunter gratuitement le premier tome via la bibliothèque Kindle.

 

 

Au milieu du mois de mars, Amazon a révélé sa liste des titres les plus achetés via sa librairie : sans surprise, Suzanne Collins est sacrée plus grande vendeuse « de tous les temps », ou en tout cas jusqu'à l'arrivée d'un nouveau challenger littéraire. La liste des best-sellers du site de e-commerce a pris les couleurs de la trilogie, qui truste impitoyablement les trois premières places. Amazon s'est même donné la peine de publier la liste des villes les plus touchées par le phénomène Hunger Games  (i.e., celles où les chiffres de vente sont les plus impressionnants). Sunnyvale (Californie), Salt Lake City (Utah), Tallahassee (Floride) et Seattle (Washington) pourront désormais l'inscrire fièrement sur le panneau à l'entrée de la ville : « Ici résident les plus grands fans d'Hunger Games ». Connaissant le pitch du roman, pas sûr toutefois que cela attire les touristes...

 

Impitoyable et cruel, le plan marketing d'Hunger Games a fait des victimes : la bande originale du film, sur laquelle on peut entendre Arcade Fire, Kid Cudi ou Maroon 5, n'a pas fait dans la dentelle et s'est octroyé la première place des ventes sur iTunes, renvoyant Adele à ses vocalises et une piteuse seconde position. Mais pas seulement : les ventes du DVD de Battle Royale, du japonais Kinji Fukasaku, ont ainsi été boostées ces dernières semaines. Le film a été réalisé en 2000 et raconte (résumons au risque d'un lynchage), en gros, la même histoire de jeunes adolescents qui s'entretuent au cours d'un jeu morbide. Peut-être que le Running Man de Stephen King profitera lui aussi des éclaboussures de la trilogie...

 

Le site américain spécialisé dans la prévente de places de cinéma, Fandango, a fait état d'un très bon démarrage, « habituellement réservé aux suites ou aux remakes ». Certains cinémas, précise le site, ont même ajouté des séances supplémentaires, certaines à... 3 heures du matin. 

 

Mais des pièges attendent les fans, plongés dans l'hystérie collective propre aux blockbusters. Amazon a ainsi proposé aux fans d'Hunger Games, via les suggestions, un ouvrage intitulé Les séries littéraires du XXIe siècle, pour la modique somme de 17,66 $. Or, l'éditeur, Webster's Digital Service, indique plutôt « honnêtement » dans sa description que l'ouvrage « est principalement composé d'articles disponibles sur Wikipedia ou sur d'autres sources gratuites en ligne ». Une assertion qu'un acheteur malheureux a pu vérifier en recevant chez lui un ouvrage digne d'une réalisation artisanale chez un photocopieur. Amazon a immédiatement retiré le titre de ses rayons, et a blâmé son algorithme de recommandation, décidément intenable. « Nous serons tous spectateurs » proclame l'affiche de Hunger Games : d'accord, mais faut pas pousser non plus.

 

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