Huxley recommandait les stupéfiants, pour des expériences visionnaires

Antoine Oury - 18.03.2014

Edition - International - Aldous Huxley - mescaline - LSD


Le goût de l'écrivain britannique pour les buvards n'est plus à prouver : avec Les Portes de la Perception, paru en 1954, Aldous Huxley compilait une vingtaine d'essais sur les sensations, la pensée, et les expériences de l'écrivain sous mescaline. S'il n'a pas tiré de vision infinie de ses essais conduits sous l'examen du docteur Humphrey Osmond, Huxley n'a eu de cesse de débattre du sujet.

 


Chi Hang Wong (Hong Kong): ‘Bounce'

Installation "Bounce" de Chi Hang Wong (Hong Kong)

(claudia gabriela marques vieira, CC BY-ND 2.0)

 

 

Cela peut sembler étrange de la part du romancier qui a décrit les usages et effets du  « soma » dans sa dystopie Le Meilleur des Mondes, mais Aldous Huxley considérait que l'usage des stupéfiants pouvait être utile à l'homme pour déclencher des « expériences visionnaires ». Et quel meilleur endroit, dans les années 1960, que la Californie pour prôner ce style de vie ?

 

Dès 1937, l'écrivain s'était exilé de son Angleterre natale pour le pays des oranges, et échangeait avec les intellectuels et militants proches du mouvement hippie. En 1962, Huxley donne même plusieurs conférences au sein du Massachusetts Institute of Technology, pour discuter avec le public des usages et effets des psychotropes.

 

D'après Huxley, langage, savoir et technologie devraient permettre à l'homme de découvrir ses potentialités, ses concepts donnant lieu à la naissance du Human Potential Movement. Un courant de pensée qui cherche les moyens d'utiliser les potentialités cachées du cerveau humain.

 

« Les neurologues nous ont montré qu'aucun être humain n'a jamais utilisé plus de 10 % des neurones de son cerveau. Et, peut-être, si nous entreprenons cette tâche de la bonne manière, nous serons capables de produire des choses extraordinaires en dehors de cette étrange ouvrage qu'est l'homme », expliquait ainsi l'auteur lors d'une conférence donnée en Californie en 1960, « Human Potentialities ».

 

 

 

 

 

L'écrivain choisira d'ailleurs le LSD pour son dernier voyage, avec une injection intramusculaire d'une dose, administrée par son épouse. Celle-ci se rappelait : « Il n'y a eu aucune secousse, aucune agitation. Rien, à part ce silence très profond, comme une petite musique qui s'éteint progressivement. Et son visage avait cette belle expression. » L'écrivain était atteint d'un cancer de la gorge.