'I Love My Library', la carte de bibliothèque couplée à la carte de crédit

Antoine Oury - 17.09.2014

Edition - Bibliothèques - bibliothèques - service public - carte de crédit prépayée


Les bibliothèques publiques du comté de Frederick, dans l'État du Maryland, proposent depuis peu à leurs usagers des cartes de crédit prépayées, couplées à des cartes de bibliothèques traditionnelles. Bien évidemment, de houleux débats ont précédé l'implémentation d'un tel service entre les murs de la bibliothèque, service public non-commercial par excellence.

 

 

 

 

Depuis le 5 septembre, les usagers des bibliothèques publiques du comté de Frederick peuvent se munir d'une carte bancaire prépayée « I Love My Library ». Ces dernières pourront également faire office de cartes d'usagers. Quatre mois de débats ont précédé la mise en place publique du programme, après un test cet été.

 

Une proposition totalement contraire au service public ? Pas selon Eric Keith, vice-président du marketing chez SirsiDynix, fournisseur de services en bibliothèque. D'après lui, les publics des bibliothèques, aux États-Unis, sont susceptibles d'être interdits bancaires, ou de ne pas avoir accès à une carte bancaire. Le site vantant les mérites du service avance même qu'un tiers des foyers américains ne peut pas s'acquitter d'un règlement par carte bancaire.

 

De ce point de vue, l'introduction de cartes bancaires prépayées s'inscrit donc dans la volonté de servir au mieux un public défavorisé. Par ailleurs, la carte bancaire labellisée « I Love My Library » permet d'inclure l'établissement de prêt dans le réseau des commerces locaux, avec la mise en place d'offres promotionnelles spécifiques. Enfin, argument ultime face aux réductions de budgets et aux désengagements de l'État, l'activation d'une carte verse 1 $ dans le budget de l'établissement, quand 7 % de la cotisation mensuelle et 1 à 2 % des transactions effectuées sont reversés aux bibliothèques.

 

Les conditions sont plus favorables que les services de financement alternatifs existants, soulignent les promoteurs du projet, pour lesquels les souscripteurs ont dépensé, en moyenne, 89 milliards $ en cotisations. Contre 167 milliards $ chargés sur des cartes prépayées, en 2013, d'après une étude de l'agence Consumer Reports. Pour comparer, l'activation d'une carte « I Love My Library » coûte 5,95 $, contre 19,95 $ en moyenne pour les autres services.

 

Les établissements assurent évidemment que l'identité des payeurs est protégée dans les fichiers de la bibliothèque, quand les informations bancaires restent confidentielles chez Visa.

 

Le seul argument valable semble celui du budget des bibliothèques, qui n'est pas garanti par les États américains. Mais l'on s'étonnera que les usagers puissent repasser deux fois à la caisse, pour les impôts et par une carte prépayée « de soutien ».
 

Enfin, la commercialisation de services par les bibliothèques est déjà bien avancée en France...

 

 

 

(via Library Journal)