Ian McEwan : Réécrire son roman à la lumière de l'échec de Copenhague

Clément Solym - 06.03.2010

Edition - Société - réécrire - roman - lumière


Copenhague : beaucoup d'enjeux, peu de résultats. Et un réchauffement climatique qui se poursuit et coûtera de plus en plus cher à combattre à mesure que l'on attendra pour s'y mettre. Conscient de ces questions, le romancier Ian McEwan a décidé de chambouler son dernier manuscrit à la lumière de l'échec de Copenhague. Il y raconte désormais un scientifique travaillant sur des technologies en mesure de contrer le réchauffement.

Le roman est un miroir qu'on promène au bord de la route, M. Stendhal ? Eh bien Ian a décidé de refléter les conséquences de cette non-rencontre de Copenhague, et Solar aura été réécrit pour se conformer « à ce désespoir » qu'a ressenti l'auteur.

« J'ai juste glissé quelque chose pour refléter sa tristesse. Tout s'est effondré autour de lui et il sait que Copenhague sera le bon endroit pour se présenter », explique Ian, en parlant de Michael Beard, le protagoniste.

Solar n'est pas un simple roman sur les enjeux écologiques : il découle de quatre années de recherche, elles-mêmes issues d'un profond désir de Ian d'écrire sur le sujet depuis les années 90. Mais aujourd'hui, un petit grain de sable s'est introduit dans la grande machinerie humaine bien huilée de ses contradictions. « Peut-être y avait-il une inadéquation préexistante dans la nature humaine incapable de faire face à ce problème. »

C'est également en se penchant sur ces questions environnementales que Ian a été contraint de revoir sa position (et son opposition) sur le nucléaire. « Nous n'avons tout simplement rien d'autre pour que fonctionnent nos villes, par une nuit sans vent de février. » Et à ce titre, le nucléaire est moins nocif que le charbon. Mais selon lui, la quête d'une énergie nouvelle reste une nécessité pour l'humanité.