iCloud blanchit des fichiers pirates : la rédemption, par Apple

Clément Solym - 07.06.2011

Edition - Justice - icloud - pirates - fichiers


Légaliser ce qui a été piraté. L'idée fait de plus en plus de chemin, au point d'en devenir un possible modèle économique dans l'environnement numérique. Après tout, si une oeuvre contrefaite peut, par l'opération d'un passage devant le tiroir-caisse, devenir tout à fait légal, pourquoi pas ?

L'idée n'est pas vraiment inédite, mais chez Apple, avec iCloud, elle vient de prendre une toute nouvelle dimension.

Le manga précurseur...

Rappelons-nous simplement l'idée assez géniale d'un mangaka qui proposait la solution suivante. L'idée était de changer un manga numérisé illégalement, en une oeuvre tout à fait légale, simplement par la commercialisation du fichier, dont les revenus seraient reversés à l'auteur.
Puisque sa solution permet de monétiser les oeuvres, pourquoi ne pas lui faire jouer un rôle égalisateur ? Comment ? Facile : en récupérant une version piratée d'une oeuvre épuisée, il suffit de la mettre en ligne sur sa plateforme (J-Komi), et de la monétiser comme telle, toujours par le biais de la publicité.

Ce qui purge progressivement le problème des fichiers contrefaits, en permettant de payer l'auteur. Le tout avec le soutien des internautes, puisque notre talentueux entrepreneur fait appel aux internautes lecteurs en leur demandant de lui fournir eux-mêmes les fichiers qu'ils ont piratés
. (notre actualitté)
« Attendu que le créateur de la plateforme obtient de l'ayant droit son accord pour la mise en ligne, alors le créateur renonce à la contrefaçon. C'est un contrat qui intervient postérieurement, mais valide et purifie le fichier, quand bien même l'origine de celui-ci serait illégale », nous expliquait alors Me Magaly Lhotel, avocate spécialisée dans le droit de la propriété intellectuelle. « Mais avec ce système, le fichier est en quelque sorte blanchi. » (notre actualitté)

Il est né le divin enfant !

Avec la nouvelle version de MobileMe, Steve Jobs parviendrait au même résultat, par le biais, cette fois, d'une série d'accords passés avec quatre majors de la musique, EMI, Warner, Sony et Universal. « Un autre avantage d'iTunes Match est que pour tous les titres reconnus par Apple, vous avez accès à une version de haute qualité sonore (256 kbps), sans doute meilleure que celle qui existe dans votre collection. Et ce, même si vous n'avez pas acheté la chanson », explique Ben Barjarin, cité par Reuters.


Ainsi, une musique ou tout un album piraté, mais envoyé dans le Cloud, contre une somme forfaitaire de 25 dollars annuels permettrait de disposer alors de fichiers de bonne qualité, mais surtout, devenus tout à fait légaux. Capable de reconnaître plus de 18 millions de titres, iTunes Match pourrait alors offrir une véritable rédemption aux pirates désireux de faire pénitence, sans sanction ni rien.

Que dire d'une pareille alternative ? Qu'elle pourrait tout à fait fonctionner de la même manière avec les livres numériques, et qu'il ne tient qu'à Apple de passer les accords nécessaires avec les maisons d'édition pour parvenir à ouvrir un Cloud d'ebooks, dont la conversion et le blanchiment interviendraient de la même manière. Disposant déjà des fichiers, il serait simple pour le service de reconnaître les ebooks piratés et de proposer la version officielle de l'éditeur...