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"Il y a, à l'évidence, deux Yann Moix" : la réponse du préfet du Pas-de-Calais

Laure Besnier - 26.01.2018

Edition - Société - Yann Moix Tribune - Préfet Pas-de-Calais - Réponse Tribune


Dans une tribune publiée sur le site de Libération, à la suite du tournage de son documentaire Re-Calais, consacré au traitement des réfugiés, l'écrivain Yann Moix dénonçait les bavures policières – selon lui organisées par l'État – exercées sur les migrants dans la ville portuaire. Le préfet du Pas-de-Calais, Fabien Sudry, réfute les accusations du chroniqueur de l'émission On n'est pas couché, dénonçant à son tour sa duplicité.  

 



 

« Vous avez choisi, Monsieur le chroniqueur, de servir la calomnie pour salir l'honneur des serviteurs de l'État. » répond Fabien Sudry à Yann Moix. Le préfet du Pas-de-Calais s'insurge de la tribune de l'auteur dans une longue lettre publiée sur twitter.

 

 

Face à Yann Moix qui dénonce un « protocole de la bavure » organisé par l'État, pendant lequel les forces policières présentes « frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la détresse », Fabien Sudry affirme qu'aucun policier n'a jamais reçu d'ordres allant dans ce sens. 

 

Le préfet du Pas-de-Calais réagit aussi aux images tournées par le chroniqueur pour son documentaire qui paraîtra en mai sur la chaîne Arte, mais dont certaines images sont déjà accessibles. Selon Fabien Sudry, certaines images censées être « des preuves de violences policières » montrent en réalité des opérations de maintien de l'ordre du temps de la « Jungle » de Calais, démantelée en octobre 2016. 

 

De surcroît, il accuse Yann Moix d'avoir diffusé, sans autorisation, des témoignages de policiers, sorti de leur contexte, d’autant plus que l'un deux fonctionnaires a quitté Calais « depuis un an et demi. »

 

Le préfet ajoute que le chroniqueur a tout intérêt à porter ces informations à la justice, notamment en référence à l'accusation de « protocole de la bavure » : « cette accusation est d'une telle gravité que je ne comprends pas pourquoi vous refusez de saisir la justice et de lui confier vos enregistrements pour que la vérité soit établie. »

 

Enfin, Fabien Sudry pointe ce qu'il considère être la duplicité de l'écrivain : « [...] il y a à l'évidence deux Yann Moix. » Il explique : « Le premier, à qui j'ai parlé au téléphone, m'expliquait en s'excusant qu'il avait été "outrancier" sur le plateau d'On n'est pas couché [...] et mentionnait que "quelques pourcentages seulement" des images qu'il avait filmées montraient ce qu'il appelait des "violences policières.”  Revendiquant d'être venu "de nombreuses fois à Calais", il prétendait bien connaître le sujet dans sa complexité afin de préparer un documentaire équilibré.

 Le second, auteur d'un brûlot dans Libération, semble découvrir qu'il est très légitimement fait usage proportionné de gaz lacrymogène à chaque fois que cela est nécessaire pour empêcher l'intrusion de migrants dans le Tunnel sous la Manche ou dans le port de Calais
[...] ou pour protéger les transporteurs routiers. »

Et de conclure : « Si le premier Yann Moix a raison, alors le second a tort. Si le premier Yann Moix dit vraiment en privé ce qu'il pense, alors le second Yann Moix écrit en public ce qu'il sait ne pas être la vérité. »

 

 


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