Immobilier, prime : les profs ne sont pas les mal-aimés du gouvernement.

Clément Solym - 07.11.2008

Edition - Société - mutation - taux - zero


Xavier Darcos tient à épargner les vicissitudes du quotidien professoral en cas de mutation, mais également inciter les membres de l'Éducation nationale à investir dans l'immobilier. À la manière du prêt étudiant de Pécresse, le ministre vient d'annoncer que « les négociations avec les banques sur ce sujet ». Ce sujet, c'est celui d'un taux 0 pour l'achat d'un bien.

Une mesure qui s'accompagne de la prime exceptionnelle de 400 € que les professeurs des écoles ayant des classes de CE1 et CM2 percevront pour les évaluations qui seront organisées en février. Enfin, dernier point, le Pass culture de Mme Albanel sera généralisé pour offrir « d'accéder gratuitement aux lieux de culture ».

Moralité selon le ministre : « Personne ne doit pouvoir dire que les enseignants sont les mal-aimés de ce gouvernement. » Et toc !


Mais nos confrères du Monde se sont montrés plus vicieux, les fourbes : récemment, la Caisse d'Épargne a accusé une perte de 751 millions €, suite à un incident de trading. Les 30.000 postes de fonctionnaires supprimés pour 2009 pèsent eux 776 millions € : quelle pertinence alors de supprimer ces postes, en période de crise ?

Réponse de l'intéressé, pas vraiment à court de mauvaise foi : « Vous ne pouvez pas mettre sur le même plan une logique de désendettement sur le long terme et un gaspillage instantané, aussi scandaleux soit-il ». Au moins a-t-il ajouté scandaleux... D'autre part, il précise que l'économie n'est pas à voir sur une année, mais dans un plan plus vaste de 40 ans. « Soit, sans même compter les pensions, environ 30 milliards. Ce n'est pas rien. Notre devoir est de continuer à alléger le fardeau que nous léguons aux générations futures. »

Et des erreurs de trading sur 40 ans, ça coûterait combien ?