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Impact de la crise sur l'édition indépendante : repenser la diffusion

Clément Solym - 18.05.2020

Edition - Economie - éditeurs indépendants crise - chiffre affaires éditeurs - édition indépendante réflexion


Les petites maisons d’édition — qui représentent 25 à 30 % de la production annuelle — n’ont pas échappé à la crise économique des deux mois de confinement. Une étude réalisée par l’association l’autre LIVRE auprès de ses 178 membres dévoile une réalité écrasante. Et un brin effrayante.



Les éditeurs indépendants face au COVID-19 brosse le tableau d’une activité fragile — 53 % n’ont que l’édition comme source de revenus. Pour ceux qui bénéficient d’un autre apport, ils sont 38 % à être à la retraite, et 25 % à avoir une activité salariée.
 

Conséquences économiques lourdes


73 % des éditeurs indépendants sont en SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle) ou travailleur indépendant, avec un chiffre d’affaires entre 10 et 25.000 € pour 33 % d’entre eux. 20 % sont entre 50 et 100.000 € et 13 % entre 100 et 200.000. Mais au global, 47 % réalisent moins de 25.000 € de CA. 
 
L’impact de la crise sanitaire sur le CA de 2020 évalue la perte entre 50 et 80 % pour plus d’un quart, entre 25 et 50 % pour près de la moitié. 

Au cours de la période de confinement, 73 % ont maintenu la vente en ligne, et 26 % ont procédé à la numérisation de leur catalogue. Les livres de février-mars seront en revanche remis en vente comme des nouveautés pour 60 % des répondants. Toutefois, plus de la moitié des éditeurs va reporter ses parutions fin 2020 et début 2021. 

À ce titre, la promotion des ouvrages reste complexe : 40 % n’ont pas de budget dédié, et un tiers va le réduire pour amortir le choc. 
 
Ce qui devient plus inquiétant, c’est que 87 % des répondants n’ont pas pu bénéficier des aides exceptionnelles consacrées à la chaine du livre. Et à cette heure, seuls 13 % de ceux éligibles ont perçu une ou plusieurs aides. 

Enfin, les propositions concrètes pour un plan de relance ne manquent pas : 
– Des tarifs postaux alignés sur Livre et Brochures : 87 % des répondants 
– Des tarifs postaux alignés sur ceux de la presse : 47 % des répondants 
– Augmentation des budgets d’acquisition et d’animation des médiathèques : 60 % des répondants 
– Dotations exceptionnelles aux écoles pour acheter des livres : 33 % des répondants 
– Chèques-Lire offerts par la CAF : 40 % des répondants
– Augmentation des aides votées, à hauteur de 20 ou 30 % du montant sollicité : 40 % des répondants
– Prolongation de 6, 12 ou 18 mois des aides à la programmation accordées : 33 % des répondants
 

Repenser les choses


Par ailleurs, ces éditeurs pointent plusieurs problématiques propres : pour exemple, les aides CNL ne sont pas accessibles. De fait, la majeure partie du chiffre d’affaires s’effectue en salons, qui ont été tous annulés, et pas dans les librairies. Ils notent également une inégalité où « les grands diffuseurs font la loi ». Et où « les libraires ne jouent pas le jeu de l’édition indépendante ». 

La nécessité de publier « moins, mais mieux » s’impose également. 

Et côté commercialisation, la nécessité d’un nouveau canal de vente, plus direct (VPC depuis le site), s’imposerait. De même, la numérisation des ouvrages n’a eu qu’un impact financier faible. Mais dans l’ensemble, c’est une réflexion sur l’industrie et son fonctionnement qui se dessine.

L’enquête est disponible ci-dessous en consultation et/ou téléchargement.


 


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