Import de livres : le gouvernement australien fait l'autruche

Clément Solym - 31.07.2009

Edition - Société - import - livres - gouvernement


Ça gronde toujours en Australie, alors que les syndicats de gauche et l'industrie de l'édition ont exhorté le gouvernement de Rudd à profiter de la conférence qui se tenait à Sydney pour rejeter la proposition de la Commission sur l'importation de livres. Époque plus propice au repos ou autre, le gouvernement a catégoriquement refusé de statuer sur cette recommandation, arguant que la seule priorité restait la viabilité de l'édition australienne.

Éditeurs et auteurs continuent de plaider en faveur d'une restriction de l'import sur les livres, estimant que cette législation protège l'industrie dans son ensemble. Mais pour les gros - les énormes ! - revendeurs et libraires monstrueux, cette position empêche le public australien de se procurer des ouvrages moins onéreux.

Durant la conférence de l'ALP, les ministres concernés ont d'ailleurs refusé de prendre part au débat et la seule voix officielle à s'être fait entendre aura lancé : « Nous voulons que l'écriture et l'édition australiennes s'épanouissent. » Maintenant, les petits amis, débrouillez-vous pour que ce soit le cas.

Le parti Labor estime cependant que le gouvernement devrait donner la priorité à l'achat de livres par les Australiens, dans tous les cas, tout en maximisant le développement économique de la culture. Selon les termes de la Commission, la suppression des embargos sur l'import de livres favoriserait « le bien-être économique des Australiens ».

Reste à savoir, comme le pointent certains, si ce bien-être doit passer par le sacrifice de la culture littéraire, sur l'autel enfumé de l'économie mondiale...