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Impression 3D d'armes en bibliothèque : un cadre s'impose

Cécile Mazin - 03.09.2018

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Les imprimantes 3D des bibliothèques publiques et universitaires devenues des usines de fabrication d’armes ? Difficile à encaisser. Pourtant, les établissements qui en sont dotés ouvrent ce service aux usagers. Mais concernant la politique autour des armes, un consensus s’installe.


Testing the Reyes adapter with the FN SCAR 17s
Mitch Barrie, CC BY SA 2.0
 

 

Dernièrement, le juge de district Robert Lasnick a interdit la publication en ligne de plans permettant de fabriquer des pistolets avec une imprimante 3D. Cette décision restera en vigueur : on attend désormais l’action en justice portée par 19 États et le District de Columbia, contre le fournisseur des documents, Defense Distributed.

 

Mais cette histoire a attiré l’attention des bibliothécaires, et de leur organisation. Ainsi, l’American Library Association a incité ses membres à réguler l’utilisation faite de leurs machines. Et de renvoyer à une page spécifiquement pensée pour encadrer ce type de situation, tout en prévenant toute forme de censure.

 

Car la difficulté est bien là : le port d’armes est régulé par la législation américaine, mais la régulation de la fabrication par des imprimantes 3D est encore lointaine. 

 

« La proportion de bibliothèques nationales qui aident leurs usagers à créer de nouveaux objets et structures avec des imprimantes 3D augmente. Les implications juridiques pour offrir ce service de haute technologie dans le domaine du droit d’auteur, des brevets, du design et du commerce continuent également de croître », assure Alan S. Inouye, responsable de l’ALA pour les technologies de l’information.

 

Et de pointer que les établissements de prêt doivent « envisager de développer des politiques d’usage qui soutiennent la mission de la bibliothèque : rendre les informations accessibles au public ». Mais de là à apprendre et autoriser la fabrication d’objets en mesure de donner la mort, c’est autre chose. « Si la communauté promeut des pratiques intelligentes, nous avons une chance de pouvoir orienter la politique publique qui se profile, concernant l’impression 3D, pour les années à venir. »

 

Pour l’heure, on imagine mal qu’un joyeux farfelu aille fabriquer son pistolet sur une imprimante et décide de l’utiliser par la suite. Mais le risque alors encouru est immense. Pour autant, la conception d’une arme est légèrement plus technique qu’un simple téléchargement de fichier et quelques heures d’impression, pourrait-on se rassurer. 



 

Pour l’heure, oui, mais à l’avenir, quand les technologies auront plus encore avancé, comment freinera-t-on un mouvement mal réfléchi ? D’autant que, s’il faut un bon millier de dollars pour produire une arme qui soit efficace, elle peut déjà être obtenue au marché noir pour quelques centaines de dollars. 

 

De son côté, Defense Distributed n’est pas spécialisé dans les armes, tant s’en faut : en réalité, ce service recense l’ensemble des plans existant pour des impressions 3D, et se présente plutôt comme une bibliothèque de référence en la matière. Son fondateur, Cody Wilson s’est d’ailleurs indigné qu’on puisse porter plainte contre un service finalement d’intérêt public. 

 

Pour Kelvin Watson, directeur de la Broward County’s library, le constat demeure : si quasi aucune bibliothèque ne dispose de l’équipement nécessaire pour arriver à fabriquer une arme, c’est également le cas pour les appareils actuellement à disposition du public, à ce jour.

 

Pourtant, la BCL a décidé de mettre ses imprimantes hors service, le temps de définir une politique d’utilisation qui puisse envisager des situations critiques. « Nous n’avions pas de politique adéquate pour nous protéger, si quelqu’un voulait [imprimer une arme]. Fondamentalement, n’importe qui peut se présenter et demander à imprimer tout ce qu’il souhaite sur nos imprimantes 3D. Sans la bonne politique en place, nous mettrions le personnel dans une position inconfortable. »

 

Autant pouvoir explicitement dire qu’il n’est pas permis de recourir aux machines pour fabriquer certains types de produits, c’est évident...

 

Quant à Cody Wilson, il a déjà trouvé une faille dans le système : la restriction qui stipule que les fichiers CAD ne peuvent pas être versés sur la toile n’interdit pas... de les envoyer par email. Contre un « don » de 10 $, Wilson envoie donc actuellement des plans à des adresses personnelles. Et s’en targue : « Je peux les vendre n’importe où aux États-Unis. »


 

via Library Journal




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