Imprimer des livres d'images en 3D pour les enfants mal-voyants

Julien Helmlinger - 23.07.2014

Edition - International - Impression 3D - Accessibilité - Mal-voyants


La recherche scientifique au service de la lecture à illustration tactile. Au sein de l'université du Colorado, des chercheurs se sont affairés à lo'adaptation du best-seller Goodnight Moon, un livre d'images, à destination des lecteurs mal voyants. L'oeuvre jeunesse de Margaret Wise Brown, écoulée à quelque 40 millions d'exemplaires, voit ainsi son accessibilité optimisée par le biais de la technologie de l'impression en trois dimensions. Un projet qui devrait s'étendre plus largement à l'avenir, et que ses défenseurs visent à rendre plus populaire.

 

 

Photo : Tactile Picture Book Project

 

 

Le professeur Yeh, directeur du laboratoire de recherche, explique que le concept d'illustration tactile n'est pas nouveau. Mais avec l'essor des imprimantes 3D, ceux désireux de personnaliser ou de produire des livres en 3 dimensions voient leur ambition simplifiée. Avec de puissants algorithmes et une interface graphique dédiée, divers succès de la littérature pour enfants prennent du relief. Sur le feu on retrouverait notamment des titres comme The Very Hungry Caterpillar, ou encore Harold et le crayon violet.

 

Le processus de création doit désormais être mis à la portée du plus grand nombre. Dans l'idée des chercheurs, un parent devrait pouvoir choisir un livre, le copier pour l'envoyer vers une imprimante 3D, pour aboutir enfin à une édition en relief.

 

Selon le directeur du labo : « L'enthousiasme mondial pour l'impression 3D vaut bien plus que des diagrammes. Si tous les amateurs et professionnels partageaient leur temps, les moyens techniques et leurs esprits créatifs, ce serait tout bonnement génial. Ensemble, nous serions en mesure de créer un outil de lecture tactile unique à ce jour, qui donnerait aux jeunes enfants malvoyants un accès immédiat à la découverte et au plaisir de la lecture. Étant donné que chaque enfant a des problèmes visuels différents, l'idée est de personnaliser chaque livre pour chaque enfant. »

 

À l'origine, le professeur Yeh travaillait sur les Big Data et la sécurité informatique, ce qui peut sembler éloigné d'un projet sur les livres d'images pour enfants malvoyants. Des recherches cependant moins gratifiantes à ses yeux que la question de l'accessibilité de la lecture. Son ambition au service du public mal voyant se sera au final révélée beaucoup plus complexe qu'il ne l'avait envisagée en premier lieu.

 

Il précise notamment que les enfants mal voyants ne commencent l'apprentissage que vers l'âge de 6 ans, quand ceux pleinement valides peuvent être sensibilisés en amont de leur entrée en classe préparatoire. Son équipe de chercheurs passera l‘été à travailler avec une école maternelle de Denver, afin de mieux cerner les attentes des enfants et aider leurs parents à s'investir dans ce projet.