Imprimer les livres à la demande pour relancer l'économie

Clément Solym - 13.01.2009

Edition - Economie - impression - demande - livres


L'impression à la demande séduit de plus en plus dans le paysage anglo-saxon, et même en Australie, où libraires, universités et bibliothèques s'équipent pour fournir des livres introuvables, imprimés en quelques minutes (on en compte une dizaine environ).

Économies sur tous les fronts ?

Économie de stockage pour le libraire, sur la distribution pour l'éditeur, cette solution semble présenter de multiples avantages financiers. Pour les classiques ou des éditions neuves, les gains seraient considérables, estime Jason Epstein, directeur durant plusieurs années de Random House, qui lancera son offre en janvier.

Et selon lui, on pourrait lier tout à la fois un déclin de l'intérêt pour les classiques à un effondrement, dans les grandes banlieues, de l'entreprise du livre. Comme si la mémoire collective contenue dans ces ouvrages disparaissait. Selon lui, la crise financière actuellement vécue trouverait même ses origines dans ce déclin de la littérature classique...

D'où son intérêt pour l'impression à la demande, qui rend plus facilement accessibles des livres d'auteurs fondateurs. D'ailleurs, et son hypothèse serait presque amusante sans le contexte que l'on connaît, que dans les classiques se retrouvent des schémas d'avidité financière et de cupidité que l'on aurait pu s'épargner en potassant un peu ses classiques.

En somme, relire Balzac et Zola pour s'éviter la faillite...

Mais dans l'ensemble, et bien qu'aujourd'hui, peu d'acteurs en France semblent en mesure de pouvoir assurer un service d'impression à la demande, probablement pour de multiples raisons juridiques de gestion des droits, mais également eu égard aux coûts engendrés par les machines qui le permettent, l'Impression à la demande pourrait présenter une solution intéressante. Ou encore la fermeture des imprimeurs...

Fini les stocks épuisés ou les livres introuvables. Fini également le classique en poche que le libraire va devoir stocker sans fin, ni être assuré de le vendre. Ici, la consommation du livre prend une toute autre orientation. Mais personne dans l'Hexagone ne se tirerait une balle dans le pied : la distribution et la diffusion représentent de très importants (trop ?) marchés pour que l'impression à la demande perce soudainement.

Probablement en est-il un peu de même avec les livres électroniques...