"Imprimés au Québec" : un label pour contrer la mondialisation

Clément Solym - 10.06.2013

Edition - International - édition au Québec - subventions - label


Définitivement impliquée dans la vie du livre, au Québec, la Fondation littéraire Fleur de Lys propose de valoriser tout particulièrement les ouvrages « imprimés au Québec », au travers d'un label spécifiquement conçu. Cette création aurait deux objectifs : encourager les lecteurs à soutenir notre économie nationale et inciter les gouvernements à obliger des éditeurs québécois agréés à imprimer de leurs livres au Québec. 

 

 

Hervé Kempf au Salon du livre de Québec

Hervé Kempf au Salon du livre de Québec

solylunafamilia, CC BY 2.0

 

 

Pour assurer un plein soutien à l'industrie du livre québecoise, dans un contexte de mondialisation, il importerait également de pouvoir distinguer les éditeurs du pays qui ne confient pas à des sociétés d'impresion aux Etats-Unis ou en Asie, la conception de leurs ouvrages. L'éditeur des Malins Inc, Marc-André Audet, avait dernièrement répondu à un billet du président de l'ANEL, Jean-François Bouchard. Ce dernier pointait :

Parce qu'il y a des gens qui ne savent envisager l'avenir du livre que sous l'angle de son prix, sans se soucier des conséquences que pourrait avoir l'obsession du prix le plus bas possible. Si, comme société, nous choisissons ce critère comme étant celui qui doit tout conditionner, il serait bon d'exposer à nos compatriotes les conséquences que cela va entraîner. Et il y en aura. Entre autres, la disparition de la production nationale.

 

Mais l'éditeur mettait en avant sa propre situation : 

J'imprime autant que possible mes livres au Québec, chez des imprimeurs qui achètent leurs presses, leur machinerie et parfois leur pâte à papier à l'étranger. J'imprime également une partie de ma production en Asie: sans cette possibilité, les Malins n'existeraient pas, je n'aurais pas créé 5 emplois créatifs, et il y aurait un peu plus de livres européens en librairies. Bref, vu par la lucarne des Malins, Production à l'étranger = Capacité de concurrencer de grands joueurs et création d'emplois locaux.

 

L'autre point, dans le recours à l'impression à la demande, par exemple, est que les éditeurs locaux peuvent ‘délocaliser' leur service d'impression, en passant par une API, comme celle de Lulu.com, sans pour autant que le nom du prestataire n'apparaisse. Dans le cadre d'éditeurs subventionnés, la pilule serait douloureuse à avaler. 

 

C'est dans ce contexte que la Fondation littéraire Fleur de Lys interpelle l'ensemble des organisations professionnelles, pour les exhorter à mettre en place de label - dont l'adhésion serait libre pour les éditeurs non-subventionnés. « Une fois créé et adopté, les imprimeurs québécois pourront d'emblée proposer ce label à tous leurs clients éditeurs, plus spécifiquement, aux éditeurs non subventionnés par l'État. » En revanche, les éditeurs subventionnés auraient obligation de souscrire. 

 

La Fondation considère par ailleurs qu'en regard de la mondialisation « l'identification du livre québécois ne saurait se limiter à son auteur et à son éditeur » et que, in extenso, la part que prend l'imprimeur « doit être reconnue à part entière ». Ainsi, les autorités gouvernementales devraient agir sur deux points :  

  • par les modifications utiles aux critères d'admissibilité aux différents programmes d'aides gouvernementales aux éditeurs agréés et aux auteurs subventionnés;
  • l'imposition du label d'origine «Imprimer au Québec» en quatrième de couverture des livres des éditeurs agréés et des auteurs subventionnés.